ADN des pyramides

Les 7 grandes pyramides sont une affaire de famille, encore enfant, le futur pharaon a vu construire la pyramide de son père, puis il l’a accompagné dans sa dernière demeure, les équipes techniques faites pour l’essentiel de nobles de la lignée accumulent et se passent de génération en générations les informations sur les méthodes et outils, ce qui à bien fonctionné, ce qui n’a pas empéché les nouvelles idées  pour augmenter la performance et diminuer le coût de main d’oeuvre…

Ainsi on pourra constater que partant de trous coiffés d’un mastaba, la première pyramide a totalement innové dans la conception des tombes royales, en apportant 3 concepts qui se retrouveront dans toutes les suivantes jusqu’à la pyramide de Mykérinos:

  • Pierres élevées dans des puits verticaux par des flotteurs.
  • Placement de la dépouille mortelle du roi en haut au centre de la pyramide.
  • Mise en scène d’une fausse chambre mortuaire en bas au bout d’une descenderie.

En observant ces pyramides, on constate que bien qu’habilement obturés, et cachés ou maquillés en chambres funéraires, les puits verticaux sont bien là qui apportent la preuve que ce triptique a bien été appliqué dans les 7 pyramides, mais chaque fois avec des aménagements spécifiques, dont le plus évident est l’accroissement des dimensions.

La pyramide de Chéops n’est pas venue sur le plateau de Gizeh comme un cheveu sur la soupe, elle est l’héritière d’une lignée de 4 pyramides qui l’ont précédée, elle contient donc en elle l’ADN de sa lignée.

Cependant une analyse attentive de l’architecture des chambres et galeries intérieures conduit à constater qu’elle apporte une innovation décisive avec l’abandon du principe des flotteurs élévateurs submersibles que l’on observe dans les 4 précédentes au profit de flotteurs oscillants.

De Djoser à Mykérinos 150 ans se sont écoulés 7 pyramides ont été construites ce qui valide l’ordre de grandeur de 20 ans comme délai de construction de la pyramide de Chéops.

De Djoser à Chéops la taille des pyramide n’a fait que croître :

VolumesPyramides

Puis après le paroxisme de la pyramide de Chéops, la décroissance est fulgurante avec la pyramide de Mykérinos ne présentant que le dixième du volume de la grande pyramide, après cette dernière il en fût fini à tout jamais des grandes pyramides défiant le temps.

Dans l’ADN des pyramides il y a la pierre à l’évidence, mais alors qu’il suffit d’une dépense énergétique de 1/4 de KWH pour élever une pierre moyenne de 2.4 t au centre de gravité de la pyramide, il faut dépenser au moins dix fois plus pour extraire ce bloc de la carrière, donc un besoin d’effectif 10 plus important.

Le problème économique majeur des grandes pyramides n’était donc pas celui de la manipulation des pierres, mais de leur extraction des carrières.

Sur ce sujet, les données archéologiques concernant les grandes pyramides sont  totalement absentes, ce qui a conduit bien des auteurs à proposer des technologies que l’on trouve dans les musées, dont la pluspart ne sont pas de l’époque des pyramides et qui concernent toutes un travail artisanal, pas une production « industrielle » de pierres par millions.

Pour faire passer progressivement le volume de la pyramide de 0.24 à 2.6 MM³, ils n’ont pas augmenté le nombre des pierres, mais leurs dimensions, il y a autant de pierres dans la pyramide de Saqqarah que dans celle de Chéops.

En multipliant par deux l’arête du bloc on multiplie par 4 l’effectif pour tailler ce bloc et par 8 le volume occupé par ce bloc dans la pyramide.

La course au gigantisme a donc été la course pour trouver les méthodes et outils capables d’extraire et de manipuler des blocs de plus en plus gros et de plus en plus lourds.

Les seuls témoins archéologiques qui nous restent de cette course sont les puits élévateurs toujours présents dans les pyramides, les outils de taille et de transport ont totalement disparus de la surface de la terre.

Avec très peu de témoins archéologiques de cette époque, il m’a fallu un intense travail de recréation de ces outils sur la base de reconception fonctionnelle à partir des vestiges archéologiques trouvés, que ce soit pour le transport ou la taille..

De la pyramide de Méïdoum à celle de Chéops TOUTES les « chambres  » trouvées présentent les même attributs dont les modifications d’une pyramide à l’autre vont dans le sens de l’augmentation de la performance, hauteur d’élévation, charge maximum :

  • Surface de la chambre qui va en croissant de 16 M² à Méïdoum, 31 et 42 M² dans la rhomboïdale, 35 M² dans la rouge, 50 M² chambre haute de Chéops, 70 m² chambre basse + couloir horizontal, et jusqu’à 116 M² dans la grotte souterraine, 125 m² dans la pyramide de Khéphren chambre + galerie horizontale.
  • Cette augmentation de surface des chambres a posé un sérieux problème d’architecture aux constructeurs, car un volume sous la pyramide est un bathyscaphe en pierre nécessitant un  plafond « sérieux »: voûte en espalier ou toit mégalithique en double pente.
  • Plus la surface de la chambre est grande, plus grande peut être la section du flotteur, plus lourde la charge à élever.
  • Les descenderies qui conduisent à ces chambres, en fait ces puits, que l’on prend pour des entrées des pyramides, ne sont que des entrées d’eau pour alimenter les puits.
  • Ne pouvant décemment ne laisser qu’une chambre funéraire, quand les archéologues ont trouvé des chambres en plus elles ont été baptisées antichambres qui comme les chambres dissimulent TOUTES un puits vertical.
  • Il y a cependant dans cette série une anomalie apparente, la pyramide de Djoser la première, échappe à la « norme » , elle MONTRE 11 puits verticaux, alignés sur la face orientale et un puits central, qui a été baptisé « puits » par les archéologues et non pas « chambre », car son plafond n’est pas en voûte en encorbellement.

………………………….

 

Illustration d’une technique de camouflage du puits vertical dans la pyramide de Méïdoum:

Gilles Dormion Jean Yves Verd’hurt Architectural study of the inner arrangment of the Meïdoum Pyramid. World congress of egyptology Cairo , march-april 2000

ce qui est visible aujourd’hui dans la pyramide:

 

Ce que G.Dormion et JY.Verd’Hurt ont découvert:

Au dessus des linteaux servant de plafond à deux volumes de section 2.65 x 2.1 m, situés dans la galerie d’accès de la chambre principale, ils on trouvé deux « chambres » avec voûte en encorbellement, dont la base fait la même section et située exactement à la verticale des volumes.

La fonction d’une voûte à encorbellement est de protéger le volume situé en dessous de la pression de milliers de tonnes de pierres placées au dessus.

La géométrie de l’ensemble est telle que les 2  « trous » de 2.65 × 2.1 ne pouvaient pas faire moins de 6.6 m de profondeur, mais faire une voûte en encorbellement pour boucher un trou profond de 6.6 m n’a pas de sens, donc il y a une grande hauteur de pierres au dessus dans cette section et pourquoi pas un puits de 29 m comme dans la pyramide de Djoser?

Comme ceci par exemple:

Cylindres

 

Autre « détail » fondamental: Pour la solidité de la structure les voûtes suffisaient, les linteaux placés dessous, n’avait donc d’autre fonction que de CACHER les voûtes qui témoignent du rebouchage du puits juste au dessus.

Ce « camouflage » permettant de laisser croire, que chambre reliée à descenderie = chambre mortuaire, tous les archéologues professionnels sont tombés dans le piège et 99,9 % des amateurs avec eux.

Mais il y a un petit détail qui cloche, cette chambre n’a aucun des attributs des chambres mortuaires royales égyptiennes!

Alors, pourquoi se donner tant de peine à boucher et camoufler ces cylindres verticaux?

C’est qu’ils donnent directement accès au complexe mortuaire qui se trouve au dessus!

Si les géniaux constructeurs qui se sont donné tant de mal à bâtir ces merveilles, entassant des millions de pierres,  dans des projets de 20 ans engageant le meilleur d’un royaume, ce ne fut pas pour à la fin mettre la momie du roi dans ces chambre tristes et nues si faciles à trouver, si facile à pénétrer.

Essayez donc maintenant même en ayant trouvé les cylindres, de creuser un passage et de grimper dans ces cylindres remplis de pierres qui ne demandent qu’à vous tomber sur la tête, entassées sur des dizaines de mètre de hauteur! Ces cylindres remplis de pierres constituent une protection autrement efficace que les 3 herses que l’on trouve dans la « chambre des herses » de la pyramide de Chéops.


 

Le lever de pierre est de 20 m dans les puits de la pyramide de Djoser, pour monter les pierres au sommet, il faut donc disposer d’étages successifs en hauteur, or que trouve-t-on?

Un étage dans la pyramide de Djoser Hauteur 60 m, manquent deux.

Un étage dans la pyramide de Meïdoum, si le module de hauteur de la pyramide précédente avait été conservé, il y en aurait 5  contre un seul trouvé.

Deux étages trouvés dans la pyramide Rhomboïdale, il en manque 3,

4 sont manquants dans la pyramide rouge.

Dans la pyramide de Chéops 3 étages sont visibles qui montent les pierres jusqu’à 80 m, il en manque encore 2 ou 3.

Il y a encore de quoi chercher dans les pyramides!

…………………………

L’écroulement du remplissage de la pyramide de Méïdoum nous révèle l’existence architecturale d’un noyau central qui nous donne deux informations indiscutables:

Les volumes intérieurs sont bâtis dans une maçonnerie qui prend naissance sur la base de la pyramide, dit autrement, les chambres et galeries intérieures ne reposent pas sur les pierres de remplissage mais sur une maçonnerie soignée qui part de la base.

Par voie de conséquence quand à une hauteur quelconque dans la pyramide de Chéops on trouve une chambre ou un conduit, on peut être sûr que cette construction repose sur une maçonnerie qui se prolonge jusqu’à la base.

On peut constater dans la pyramide de Chéops que les volumes intérieurs peuvent monter jusqu’à 60 m, il est curieux que les archéologues se soient contenté de visiter l’unique chambre trouvée dans la pyramide de Meidoum qui se trouve à hauteur de la base alors que le noyau se prolonge jusqu’à 70 m de hauteur.

Ce noyau est-il une innovation de la pyramide de Meïdoum ou un héritage de la pyramide de Djoser?

Conclusion,

Toutes ces pyramides appartiennent à une série bâtie sur un même modèle conceptuel physique et psychologique, qui a évolué au cours du temps vers plus de performance, en gardant les même principes directeurs. Les différences de configurations que l’on observe d’une pyramide à l’autre sont l’indicateur qu’il reste encore beaucoup de choses à trouver dans les pyramides y compris TOUS les complexes mortuaires!

Merveille du monde

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s