Ressources humaines

L’information archéologique que l’on possède sur les ressources humaines du projet est  imprécise. La meilleure information disponible à ce jour issue des fouilles de la ville des travailleurs sur le site de Heit el Ghurab au pied du plateau de Gizeh a été donnée par le directeur de ces fouilles Mark Lehner qui fait état d’un effectif maximum de 2000 ouvriers sur le chantier de la pyramide.

Labor and the PyramidsThe Heit el-Ghurab “Workers Town” at Giza 
Mark Lehner University of Chicago and Ancient Egypt Research Associates
Exerp: A Colloquium held at Hirschbach (Saxony), April 2005
Volume V, page 471

On a cité comme  grand organisateur des travaux le vizir Ankh Haf, demi frère de Chéops et comme architecte,  Hemiunu membre lui aussi de la famille royale, dont on a retrouvé les mastabas autour de la pyramide contenant leurs statues.

Contrairement aux chambres totalement vides de la pyramide, leurs tombeaux abritaient leurs statues et quelques inscriptions et gravures murales, mais aucune indication sur la pyramide.


heitElGhurab-Plan
AERA courtoisy

Par ses fouilles de la ville des travailleurs qui se tiennent sur une surface de l’ordre de 150 000 M², Lehner a mis au jour des logements de différentes natures, villa luxueuses pour les cadres et dortoirs pour les ouvriers, appelés alors NFRW (néferou) dont on a appris qu’ils étaient organisés par « Gang » de 4 « phyles » groupant 5 « divisions » de dix individus, soit 200 personnes, ce qui donne 21 personnel d’encadrement pour 200 ouvriers soit 10%.

Compte tenu du logement en dortoirs collectifs des ouvriers, par divers recoupements Lehner est à arrivé à un nombre de 1 600 à 2 000 ouvriers hébergés dans cette ville.

era report 2007
AERA: Giza reports 2007 volume 1

Dans la ville de Heit el Ghurab pour 1 600 à 2000 ouvriers, il faut en compter presque autant en encadrement, logistique de nourriture, administration, soins, distraction.
Si les NFRW étaient sans doute des célibataires, le personnel autour venait très probablement en famille avec les enfants, ce qui monte la population à une valeur de 3 à 4000 habitants en tout.

D’après Lehner les fouilles couvrent 10% de l’ensemble du site, ce qui donne une densité de population de l’ordre 4 à 5 000 habitants au KM²

Chiffre à rapprocher des densités de population des villes moyennes du Bangladesh par exemple:

La densité** est de l’ordre de 3 à 4000 habitants au KM²,  pour des villes de l’ordre de 140 000 habitants.

**http://sedac.ciesin.columbia.edu/data/set/gpw-v3-population-density/data-download

D’après le commentaire de Lehner, le chiffre de 1 600 à 2 000 ouvriers est plutôt une limite haute.

Le site de Gizeh à l’époque était éloigné de tout centre de vie, A l’époque, pas de routes et de métro, le personnel logeait sur place, la ville avait sa logistique d’approvisionnement, on a retrouvé trace d’installations portuaires et de nombreux reliefs de repas, qui montrent que les ouvriers étaient très bien nourris, une nécropole à proximité a permis de comprendre qu’il étaient aussi bien soignés en cas de blessures.

Il ressort de tout ça que les ouvriers de la pyramide étaient finalement peu nombreux au regard de la tâche, mais bien encadrés, bien nourris et bien motivés.

Beaucoup d’auteurs dont des archéologues parlent d’un effectif de l’ordre de 36 000 ( Borchardt and Croon 1937. Stadelmann 1985 ) hommes, voire 100 000 pour certains   travaillant par intermittence sur le chantier! Se sont-ils demandé où auraient-ils trouvé l’hébergement? qui les auraient encadrés? Je pense que les chiffres avancés par ces auteurs sont 100% fantaisistes, ils ne reposent sur aucune observation trouvée sur le terrain.


Dans mon étude qui fait une grande part à la gestion de l’énergie pour construire la pyramide, que peut on attendre en terme de force et finalement de production d’énergie de cette population de 2 000 NFRW?

En terme de force produite:

Employer les ouvriers à tirer sur des cordes en marchant pour faire avancer des charges sur des traîneaux ou glissants ou sur rouleaux, limite la force produite à un maximum de 20% de leur poids car demander plus, ferait que ce serait l’ouvrier qui recule en dérapant sur sa plante des pieds au lieu que ce soit la charge qui avance.

La méthode générique employée était d’utiliser des ouvriers la force de leur poids en les faisant descendre sur un support, ainsi la force résultante est 5 fois supérieure à celle du haleur, tout en ne demandant comme effort à l’ouvrier que celui de monter des escaliers pour rejoindre une plate forme surélevée ou de faire de la balançoire!

Lestés à 100 Kg les 2000 pensionnaires de Heit el Ghurab représentaient ainsi un potentiel de force cumulée de 2000 KN.

Les données archéologiques sont peu nombreuses, cependant il paraît logique de considérer que ces ouvriers représentaient une élite par leurs capacités physiques, sélectionnés, bien encadrés, bien nourris, ils pourraient être assimilés à ce que sont aujourd’hui des équipes sportives professionnelles.

Les spécialistes de l’effort sportif de longue durée, indiquent que dans ces conditions, un ouvrier pouvait développer sans s’épuiser, en moyenne une puissance de 80 W dans une journée de 12 heures.

Soit une production de 1 KWH par jour par NFRW,

2 000 KWH par jour au total de l’effectif.

Beaucoup d’auteurs de théories à base de traîneaux glissant sur des pistes lubrifiées, ont voué cette population à la tâche éreintante de « tirer la bricole » sur l’épaule, 12 H par jour, tous les jours, sous le soleil d’Egypte, parfois en groupe de plus de mille individus attelés à faire se mouvoir des mégalithes de 65 t.

Ont-il pensé, douillettement installés dans leurs confortables bureau, que les « forçats de la pyramide » auraient pu tenir le coup pendant de longues années dans ces exécrables conditions de travail, même si correctement nourris?

Je propose dans mon étude des conditions de travail certes rigoureuses, mais il y a une marge entre tirer la bricole pendant 12 H sur des pistes glissantes et/ou poussiéreuses et monter en petits groupes, le long de la pyramide des escaliers probablement ombragés, avec qui sait ? de la musique d’accompagnement et « un coup de bière » à l’arrivée sur l’assise.

Un mur important: 200 m de long, 30 m de hauteur, 10 m d’épaisseur séparait cette ville du site du chantier, « the wall of the Crow », avec une porte sans doute bien gardée. Donc l’entrée au chantier ( et la sortie) était sévèrement contrôlée, je pense que c’est en ce lieu que les ouvriers étaient pesés et recevaient le lest qui leur donnait un poids normalisé, probablement sorte de gilet avec des poids en cuivre.

Le cuivre qui à cette époque était presque aussi précieux que l’or abondait par tonnes sur le chantier, on comprend qu’à la sortie du chantier, les ouvriers étaient pesés à nouveau et devaient rendre leur veste complète!

Permettez moi de vous présenter le NFRW modèle, monsieur KWH, « recruté » au pays de Punt:

nfrw

 

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