Problématique des pierres

La pierre qu’elle soit le granite dur de la chambre haute, le calcaire fin du parement ou le calcaire grossier du remplissage est la première ressource de la pyramide.

Granite:

La maçonnerie de la chambre haute est faite de ce matériau, extrait des carrières d’Assouan 900 KM plus au sud, et usinés avec une précision extraordinaire, je ne me suis pas imposé de traiter le processus d’extraction et usinage de ces  blocs parfois gigantesques, par contre je donne certaines précisions sur la manutention de ces blocs mégalithiques depuis Assouan jusqu’à leur pose finale dans un chapitre consacré aux mégalithes.

Parement:

Les blocs du parement sont extraits des carrières de Turah 20 KM au sud du chantier, je n’ai pas traité non plus de leur extraction, par contre l’extraordinaire « journal de Merer » exhumé par P.Tallet nous donne des renseignements de la plus haute importance sur les méthodes de transport fluviaux des blocs.

Remplissage:

La matière des blocs de remplissage est du calcaire à nummulites, il représente 96% du volume de la pyramide, tout le problème opérationnel de traitement de la pierre se concentre sur ce matériau.

Est-il bien connu pour autant?

A mon grand regret, malgré le nombre considérable de mesures faites sur ces pyramides, je n’ai pu trouver aucune mesure de dureté, densité et résistance à la compression de ces pierres.

Ce manque d’information sur les caractéristiques physique des pierres de la pyramide, témoigne du peu d’efforts qui ont été consentis par les auteurs des différentes études pour tenter de comprendre vraiment le travail qu’il a fallu faire pour construire ces monuments.

Par ailleurs en général on trouve beaucoup d’études sur la géologie, constitution et composition des pierres, mais très peu de mesures sur leurs caractéristiques physiques.

Faute de mieux, je me suis rabattu sur un calcaire à nummulites que l’on trouve en France dans le commerce, dont la densité varie de 2,1 à 2.5 T/M3, la résistance à la compression de 30 000 à 60 000 KN/M².

Pour mes calculs j’ai retenu arbitrairement 2.4 T/M3 et 40 000 KN/M².

 

Pour creuser un sillon dans la roche d’une carrière, il n’y a pas d’autre moyen que d’exercer à l’aide d’une arête de coupe au bout d’un outil, une pression qui excède la résistance à la compression de la roche afin de la faire éclater et la réduire en poussière.

Ainsi pour casser la pierre avec une arête de coupe il faut exercer sur elle une force qui est le produit de la résistance à la compression de la roche par la surface de contact de l’outil.

La roche se désagrège de proche en proche au fur et à mesure de l’avance de l’arête de coupe, tout en offrant une résistance constante.

Le produit de cette force par le déplacement de l’outil est l’énergie consommée par la coupe, le produit de la surface de contact de l’arête par son déplacement est le volume de roche désagrégé.

Ainsi le déplacement de 1 m d’une surface de coupe de 1 M² désagrège 1 M3 de roche et rencontrant une résistance de 40 000 KN pour ce déplacement, consomme 40 000 KJ ou 11,1 KWH.

Faire ce travail en une heure exige de mettre en œuvre une puissance de 11,1 KW.

Cette valeur est la même que ce résultat soit obtenu en une seule passe gigantesque ou en une multitudes de petites passes cumulées.

Il va de soit que pour obtenir ce résultat, il faut que la surface de l’arête de coupe ne se déforme pas au contact de la roche, donc que la dureté de l’arête de coupe soit largement supérieure à celle du calcaire à nummulites.

Cette exigence disqualifie les métaux disponibles à l’époque, dont le cuivre car sa dureté est la même que celle du calcaire.

Il fallait donc une arête de coupe faite de pierre plus dure que le calcaire, soit sous forme de gemme, comme le corindon, le quartz ou le diamant, soit sous forme amorphe comme le basalte, le silex ou l’obsidienne, soit sous forme de compound comme le granite ou la diorite.

Dans tous ces cas soit par clivage dans les cristaux ou structures amorphes, soit par désagrégation pour les compound, ces pierres dures sont rapidement détruites par des chocs violents et répétés.

Un outil qui dure est productif car il n’y a pas de temps perdu, pour le remplacer.

Il est donc nécessaire de faire entrer l’arête de coupe en pierre progressivement dans la roche, sans lui infliger des chocs.

Extraction des blocs

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