Bouchon de 3 blocs de granite

blocs granite Kheops

Les trois blocs de granite ont été présentés par le consensus comme devant boucher l’accès à la grande galerie après que le cortège funéraire ait emprunté sur quelques mètres la galerie descendante, puis acrobatiquement ait pris la galerie ascendante prolongée par la grande galerie en contournant les 3 blocs en attente, pour rejoindre la chambre mortuaires en passant par la chambre des herses.

Les 3 blocs de granite, ne sont en fait (à l’échelle de la pyramide) rien d’autre qu’une soupape tarée, pouvant séparer ou faire communiquer les volumes d’eau de la galerie descendante et de la galeries ascendante, cette fonction hydraulique est leur seule justification. Il suffit de regarder la dernier bloc pour se convaincre qu’il fait un bouchon étanche au bas du couloir ascendant, la section de la galerie ascendant a été rétrécie à cet effet et le bloc est parfaitement ajusté.

Les 3 blocs de granite posés dès que l’assise de la pyramide était à leur niveau actuel, nous disent qu’il avait deux modes de fonctionnement entre l’étage de la grotte souterraine et celui de la chambre basse:

  • Un mode ou chaque étage dispose de son circuit d’eau, qui est la procédure normale d’élévation des pierres « ordinaires », les blocs bouchent la communication entre la galerie descendante et la galerie ascendante, séparant les circuits hydrauliques.
  • Circuit1&circuit2
    Les flotteurs et cages ne sont pas représentés pour ne pas encombrer le schéma
  • Un mode où les deux circuits d’eau n’en font qu’un qui est celui de la procédure d’ascension des mégalithes de la chambre haute et du complexe mortuaire. Les blocs ont été maintenus surélevés pour ouvrir la communication entre les deux galeries,
  • ciecuit1+circuit2
    Flotteurs et cages ne sont pas représentés
  • puis dernier mégalithe du toit posé, le bloc le plus bas referma pour toujours la communication entre les deux galeries.

Le fait que le bloc le plus bas soit séparé du deuxième bloc par un vide de 10 cm, et ce depuis 4 500 ans nous dit clairement que ces blocs tiennent en place « naturellement » sans bouger dans la pente de la galerie ascendante qui fait 26°5.

Les manœuvres d’ouverture et de fermeture de cette soupape furent purement hydrauliques, en ouvrant des purges d’eau.

Soulèvement des blocs =  ouverture de la soupape:

Au départ les blocs étaient abaissés dans la position qu’on leur connait aujourd’hui.

Les deux flotteurs sont au repos.

Le flotteur du premier étage a été démonté et l’on a introduit l’étanchéité entre flotteur et puits avant de remettre ce flotteur en service correctement lesté.

Ensuite la galerie descendante a été emplie jusqu’au niveau + 17 m, la galerie ascendante derrière le bouchon était déjà au niveau + 21.5 m. Il y a une colonne d’eau de 4.5 m de haut qui pèse sur le bouchon et le maintient enfoncé. Le puits de service est rempli d’eau jusqu’au niveau 21.5 m.

On a besoin maintenant de réunir les deux volumes pour passer à la séquence ascension des mégalithes.

Pour ça il faut déplacer les blocs vers le haut de la galerie pour ouvrir le passage, car il y a entre les blocs et la galerie ascendante un jeu important qui laisse passer l’eau.

Pour déplacer les 3 blocs de 5 t dans la galerie il faut vaincre deux résistances dans l’axe de la galerie, le poids des blocs et leur frottement contre le sol de la galerie:

Au moment de la manœuvre les blocs baignent dans l’eau, leur poids qui dans l’air est de 3 x 5 t  devient dans l’eau de 9 t, Cette masse crée une force dont la composante dans l’axe de la galerie est de 39 KN, mais pour faire bouger les blocs il faudra en plus vaincre la résistance au glissement d’un granite bien surfacé sur le calcaire de la galerie grossièrement taillé.

Cette résistance se présente en deux phases, le décollage puis le mouvement, avant le décollage granite et calcaire sont au contact, le facteur de résistance qui se mesure par la force qu’il faut exercer dans l’axe du mouvement sur la charge appliquées perpendiculairement au plan de glissement est donné de l’ordre de 0.78 entre granite et calcaire, par contre quand le bloc glisse, l’eau lubrifie le contact, il faut alors en rabattre 1/3 soit 0.52.

La résistance exercée par le poids des blocs dans l’axe de la galerie est de 9 × 9.82 × sinus (26°.5) = 39 KN, le frottement qui s’oppose au décollage est de 9 × 9.82 × cos (26°5) × 0.78 = 56 KN, puis celui qui s’oppose à l’avancement de 37 KN.

En tout pour faire bouger les blocs, il faut dépasser au décollage 56 + 39 = 95 KN et pour les déplacer il faut exercer une force de 37 + 39 = 76 KN, soit respectivement 32 et 25 KN par bloc.

On peut faire immédiatement la constatation suivante, à sec pour que le bloc se mette spontanément à glisser tout seul sur la pente de la galerie, il faut que la composante du poids suivant l’axe = P x sinus(A) dépasse le frottement = P x cosinus(A) x 0.78, soit tangente (A)>= 0.78 à l’arrêt et 0.52 en mouvement.

Il aurait fallu une galerie en pente de 38° pour que du fait de son seul poids le bloc parte en glissade et 27.5° pour que le glissement se poursuive lubrifié par l’eau.

Avec une galerie en pente de 26.5° à sec ou dans l’eau les blocs restent immobiles quand aucune force ne s’exerce sur eux. 

Le principe du soulèvement des blocs est de créer un front brusque de différence de pression hydrostatique entre la galerie descendante et la galerie ascendante pleine d’eau. La vidange de la galerie ascendante est rapide grâce à un conduit aujourd’hui disparu dans la percée Al Ma’mûn, conduit qui était fermé par une vanne à l’extérieur de la pyramide.

On ouvre le conduit ″Al Ma’mun », la chambre Basse se vide, puis la galerie ascendante jusqu’au niveau du troisième bloc à environ + 7.5 m.

Avant que les blocs ne bougent, le niveau d’eau dans le puits de service est à 21.5 m créant une colonne d’eau  de 21.5 -7.5 = 14 m.

Circuit-Ouverture

Les 14 m différence de niveau avec la galerie descendante crée une onde de pression exerçant sur la surface du dernier bloc 1.16 M² une force de 162 KN dans l’axe de la galerie ascendante, la résistance des blocs est vaincue, l’eau s’engouffre dans la galerie ascendante et chasse les blocs vers le haut, le niveau d’eau dans le puits de service, puis la galerie descendante baisse rapidement car il n’y a qu’environ 40 M³ à évacuer, la pression devient insuffisante pour entretenir le mouvement, les blocs s’immobilisent en position haute, le niveau d’eau s’équilibre entre la galerie ascendante et la galerie descendante à la cote 7.5 m environ qui  est le seuil de déversement du conduit, les 3 blocs ont reculé de 10 cm et sont collés les uns aux autres.

Tout ce mouvement avait pu être testé et réglé dans la maquette du trial passage.

L’opération d’ouverture de la soupape est terminée on referme la vanne du conduit de vidage (« Al Ma’mûn ») et de la galerie descendante. Il ne reste plus qu’à remplir à nouveau le circuit d’eau maintenant commun entre des deux étages.

Pour créer un front de pression il faut que la vidange soit rapide, c’est pourquoi le conduit de vidange qui est devenu aujourd’hui la percée Al Ma’mûn devait avoir une section suffisante, probablement la même que celle du puits de service 0.7 x 0.7 m.

Il faut maintenant rétablir le niveau d’eau dans le circuit devenu commun entre l’étage de la grotte et l’étage de la chambre basse, et l’amener au niveau de la chambre basse à 21.5 m. On va utiliser la réserve d’eau de la chambre haute grâce à la vanne guillotine de la chambre des herses.

Quand le dernier mégalithe du toit de la chambre haute aura été posé, il ne sera plus nécessaire de garder les deux circuits de la grotte et de la chambre basse partageant la même eau, ce serait même contre productif pour la suite car obligeant à conserver une étanchéité flotteur cylindre dans l’étage de la grotte ce qui introduit une fragilité.

Il faut procéder maintenant à l’opération inverse: fermeture de la soupape

L’entrée de la galerie descendante alors fermée étant à + 17 m, le niveau du circuit à + 21.5 m, ils disposaient de 4.5 m de colonne d’eau de pression en ouvrant la vanne qui fermait l’entrée de la galerie descendante, cette différence de niveau crée potentiellement une force axiale de 54 KN. Les blocs placés dans la pente présentent une force résistante individuelle au décollement de 34 KN diminuée par la composante axiale de leur poids de 13 KN, au résultat une force de 21 KN suffit à les mettre en mouvement vers le bas.

Circuit-Fermeture

Dès l’ouverture de cette vanne, la dépression crée sur la face inférieure du premier bloc exerce une force axiale de 54 KN, qui l’a instantanément propulsé vers le bas obturant dans la seconde le circuit et interrompant le flux d’eau s’échappant par la vanne de l’entrée, les deux autres blocs en attente, masqués par le premier n’ont pas eu le temps de bouger.

De nouveau le circuit de la grotte se trouvait isolé du circuit de la chambre basse.

Il y a un « détail » qui a échappé à toutes les analyses publiées, le deuxième et le troisième blocs sont restés en contact entre eux mais n’ont pas bougé. La face inférieure du deuxième bloc est restée décollée de 10 cm de la face supérieure du premier. Ce détail nous dit que seul le premier bloc est retombé et que la « chasse » d’eau qui a ouvert la soupape avait fait remonter les 3 blocs de 10 cm dans la galerie. (figure crédit G.Dormion)

Bouchon

Masqués par le premier bloc, les deuxième et troisième n’ont pas reçu cette onde de dépression et le jeu entre les blocs et la galerie a permis à l’eau de la galerie ascendante d’accompagner la chute du premier bloc, sans créer au niveau des deux autres une dépression suffisante pour les faire bouger.

La disposition de la vanne de cette vidange donnant vers l’extérieur ne sera jamais connue, car détruite par les démolisseurs d’Al Ma’mûn.

On remarque que le troisième bloc de granite a été en partie cassé, c’est le fait des démolisseurs d’Al Ma’mûn qui en pénétrant dans la pyramide par le conduit de vidage s’y sont heurtés . Ne connaissant pas la disposition des volumes de la pyramide ils n’avaient pas d’autre solution que de le casser pour aller plus loin dans la pyramide, mais pour casser un bloc de granite de 5 t il faut exercer de la force, pour exercer de la force il faut de l’espace et pour disposer de cet espace pas d’autre solution que d’agrandir le conduit et créer cette percée que nous voyons aujourd’hui.

Ces 3 blocs bouchons ont été posés là très tôt dans la planning de la construction de la pyramide, dès que la partie basse de la galerie ascendante fut percée.

Et non pas comme le prétend le consensus, à la fin, roi inhumé dans cette chambre de cinéma, pour verrouiller l’accès à la grande galerie de l’entrée qui n’est pas l’entrée de la pyramide, mais une entrée d’eau dans la pyramide!

La fonction de ces blocs dans la pyramide  fut celui d’une soupape hydraulique, rien d’autre.

2 réflexions sur “Bouchon de 3 blocs de granite

  1. Roswell

    Bonjour et félicitation pour votre travail remarquable,je ne suis ni maçon,ni mécano,ni égyptologue juste curieux..
    il y a plusieurs soucis avec ces blocs:
    -besoin de la condition suivante:blocs taillés dans un conduit maçonné et lisse,sinon pas d’étanchéiste parfaite même avec des joint en plâtre,sauf si mise en place dés le début,puis plâtrés et recouverts,et encore moins de glissement possible,vers le haut puis vers le bas du fait des frottements.
    -leur forme n’est pas rectangulaire,mais plutôt trapézoïdale
    -personne ne peut expliquer les angles arrondis (au plafond) dans la galerie descendante(à la hauteur du « blocs bouchon » ) et encore moins les « marche sous ce dernier bloc,au sol sur le couloir descendant (dessins d’après Pochan),à moins,qu’ils ai été mis de bas en haut,et ce afin de cacher un possible puits vertical (trial passage) et peut être aussi pour tuer hypothétique personne qui tenterais de creuser le puits vertical par écrasement..
    -Il est par contre certain que l’eau joue un rôle majeur dans la pyramide.
    -Les deux premiers bouchons me font plutôt penser à un amortisseur à air comprimé dont les blocs serait des pistons ,mais pareil le conduit non appareillé me » laisse perplexe,mais possible…

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    1. khufulite

      Merci Roswell pour votre commentaire pertinent.
      Étanchéité du bloc bouchon:
      Il s’agit évidemment du dernier celui dont la face inférieure est visible depuis la galerie descendante, l’aspect visuel du joint entre le bloc et la galerie est celui d’un ajustement précis, on n’y glisserait pas une cale de 1/10 de mm, qui laisse à penser que le bouchon était efficace donc étanche.
      Aujourd’hui il l’est peut être encore et ce serait très facile à vérifier en remplissant d’eau l’arrière du bloc, mais évidemment ça ne viendrait à l’idée d’aucun archéologue!
      Les deux bouchons, dont un a été à moitié détruit, servaient à faire le poids pour que la soupape s’ouvre sous une certaine pression.
      Quand la soupape a reçu la pression voulue, elle a reculé de 10 cm en faisant reculer les deux autres.
      Quand une chasse d’eau en dépression a fait se refermer la soupape, seule cette dernière a bougé, les deux autres sont resté dans la place qu’ils occupent encore aujourd’hui. Cette soupape n’a fonctionné qu’une seule fois.
      Le jeu entre les deux blocs et la galerie est tel qu’il n’y avait aucune chance pour qu’un amortisseur pneumatique eut fonctionné ici.

      Les constructeurs de cette pyramide étaient des « malades » de la précision à un point que l’on ne peut imaginer tant que l’on n’a pas reconstitué l’empilage des cotes dans le fonctionnement des flotteurs élévateurs sur 3 étages.
      Le seuil de déversement dans la mini grotte du « puits de service » donnait au niveau d’eau dans ce circuit une précision millimétrique!

      Grâce à « scan pyramid » la découverte, que j’espère prochaine de la vraie chambre du roi, va forcément faire découvrir le puits vertical entièrement rebouché qui y conduit et qui passe juste derrière le mur est de la chambre basse. « La niche » donne sur une maçonnerie de 5 m de profondeur qui n’a jamais été explorée.

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