Apport d’énergie dans les ascenseurs

Il faut apporter de l’énergie, pour maintenir en mouvement le flotteur, au fur et à mesure qu’il en perd en élevant des pierres.

Le principe de l’apport d’énergie est très simple à comprendre, pour une tonne montée par le flotteur, il faut qu’une tonne descende, en un ou plusieurs cycles d’oscillations.

Pour faire descendre du poids il suffit de charger le plateau pendant sa descente avec des opérateurs qui auparavant avaient fait avec leurs bras et leurs jambes l’ascension de l’assise en cours de construction à l’aide d’échelles.

Les opérateurs cependant ne descendaient pas les mains vides, il emportaient avec eux les roulements des blocs à renvoyer aux carrières et c’était bien commode pour sortir de la pyramide en parcourant les 110 m du corridor d’accès en sens inverse, en posant les roulements sur la rampe de freinage et se laissant couler vers l’entrée à la vitesse de 32 KM/H, privilège rare pour l’époque!

Ils devaient cependant bien faire attention de respecter le feu rouge, car sinon la rencontre en sens inverse avec un bloc de 10 t à la vitesse relative de 64 KM/H aurait eu des conséquences désastreuses, mais pas pour le bloc.

Première application de surf à roulette, mais qui ne semble pas avoir connu le même succès qu’aujourd’hui.

Aux très faibles frottements près, le rendement énergétique de cet ascenseur est de UN.

L’énergie musculaire humaine dépensée pendant l’ascension des assises, se transforme en énergie potentielle. Les opérateurs se posent sur le plateau au sommet de son mouvement à vitesse zéro et quittent le plateau au point bas à vitesse zéro, 100 % de leur énergie potentielle aura été absorbée par le système.

Si le poids des opérateurs qui descendent est égal au poids de la pierre qui monte, l’énergie perdue par le système à la montée de la pierre est INTÉGRALEMENT récupérée par la descente des opérateurs.

Ayant très peu de frottements, dans son fonctionnement à vide, l’oscillateur consomme une énergie très faible qu’il est facile de compenser en surchargeant faiblement ce qui descend, ainsi on n’est pas obligé d’apporter la compensation du poids qui monte cycle par cycle, mais on peut prendre autant de cycles que nécessaire en descente pour faire la  compensation d’une seule monté.

Prenons un exemple pour comprendre:

Admettons que les opérateurs aient été lestés à 100 KG pour peser un poids standardisé, sur un plateau de 6 M², il est difficile d’en faire tenir plus de 20 pour rester « confortable », donc le poids qui descend ne peut dépasser 2 t.

Si un bloc de 10 t a été monté, il faudra 5 descentes de 2 t pour régénérer l’énergie consommée, avant de monter un nouveau bloc.

L’indicateur de « santé » de l’oscillateur est l’amplitude des oscillations idéalement cette amplitude doit rester entre deux limites strictes, pour être capable de charger et d’évacuer les pierres à la volée.

Si l’énergie perdue est sur-compensée, les oscillations dépassent l’amplitude correcte et vice versa.

Pour être sûr de rester toujours dans les limites correctes, il faut faire une régulation NUMÉRIQUE des mouvements.

TOUS les poids qui montent et qui descendent doivent être connus avec précision, les opérateurs ont un poids normalisé, le matin en arrivant sur le site, ils reçoivent en dotation un gilet lesté de cuivre et leur poids est ajusté finement sur une balance, ils portent l’indication de leur poids bien visible sur eux, le cuivre étant quasiment aussi précieux que l’or, le soir, ils doivent rendre tout le cuivre qu’il ont reçu le matin.

Avant de prendre l’ascenseur, les blocs dont on a pu observer que les dimensions sont irrégulières reçoivent une tare sous forme de lingots de cuivre et d’opérateurs lestés pour peser le poids standard du jour, il y a donc une balance sur le trajet des blocs.

La tare est gratuite en énergie, car elle ne reste pas sur l’assise, elle redescend tôt ou tard.

Ainsi les variations de poids sont très faibles et facile à corriger.

Quand ce premier étage fonctionne au rythme moyen de construction de la pyramide, c’est à dire 480 M3 , soit 1 200 t par jour, à élever de 27 m, il consomme pratiquement 318 000 KJ par jour ou encore 88 KWH, il suffit donc d’un effectif de 88 opérateurs pour le faire fonctionner.

Dit autrement avec cet ascenseur un opérateur monte 6 blocs de 2.5 t à 27 m de hauteur par jour!

et ceci rien qu’en montant sur l’assise avec ses bras et ses jambes.

Quand le plateau hisse un bloc de 6 t à 27 m de hauteur, ce mouvement se fait en un quart période soit 2 s, il développe ainsi une puissance instantanée de 800 KW, c’est assez inattendu pour un engin de l’âge de pierre actionné par 88 individus!

Si pour cet ascenseur, la monté des blocs « ordinaires » est comme une sinécure, il va être poussé dans ses derniers retranchements pour hisser les mégalithes des toits.

Le lecteur comprendra je l’espère qu’il n’y a aucune magie ici, pas de lévitation, pas d’aliens, pas de cordes, pas de traîneaux, pas de rampes, pas de cohortes d’individus tirant / poussant des charges trop lourdes pour leurs dos.

Seulement un (gros) bout de bois montant et descendant dans un (grand) puits plein d’eau, des calculs qui ne dépassent pas la règle de trois, et des opérateurs dont le travail consiste à grimper sur les assises à l’aide d’échelles.

Mais j’attire votre attention sur le point suivant:

Dans la pyramide tout est pesé, tout est précis, tout est sous contrôle.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s