Remplissage des assises

Le remplissage d’une assise se fait en plusieurs temps:

  • Il faut maçonner la parti centrale que ce soit le soubassement ou la construction d’une chambre ou d’une galerie.
  • Il faut poser les pierres du parement Est et Ouest y compris les 4 angles.
  • Il faut poser les blocs de remplissage des extrémités vers le centre en lignes successives et parallèles, en commençant par poser la pierre de parement qui commence une ligne.
  • Et se pose la question, comment intégrer les déchets de taille dans l’assise?

Sable:

Les déchets de taille sous forme de sable fin sont produits en même temps que les blocs. Si on cherchait à l’inclure dans la pyramide avec un processus particulier au sable, il faudrait attendre que les blocs d’une assise soient posés pour intégrer le sable, car on ne peut mélanger deux processus sur un même lieu et il faut bien créer les trous à boucher.

Il faudrait donc stocker, la valeur d’une assise en sable avant le l’intégrer. L’assise moyenne qui fait 170 m de coté et 0.7 m de hauteur représente un volume de 20 200 M³ dont les 2/3 sont faits de blocs, mais 1/3 de sable, soit environ 7 000 M³ de sable ce qui est considérable, et pose un problème de modalité de stockage puis de reprise.

La durée de pose d’une assise moyenne à raison de 90 secondes par M³ est de l’ordre de 1 mois, il ne parait pas évident de maintenir pendant des mois un gros tas de sable sans qu’il soit un jour ou l’autre dispersé par le vent venant du désert.

Il faut donc intégrer le versement du sable dans le processus des blocs.

Il faut pour cela conditionner le sable dans un conteneur qui se manutentionne comme un bloc, mais comme le volume à remplir est chaque fois variable, on comprend intuitivement que l’on a intérêt à fractionner ce volume autant que possible tout en le standardisant, pour faciliter la manutention des conteneurs et le remplissage des trous.

Pour 3 blocs solides qui montent il y a 1 M³ de sable qui doit monter en moyenne.

Pour fractionner le volume au maximum on dispose de 9 battements de l’oscillateur par bloc plus 9 battement pour le sable, soit 36 battements en tout, soit un volume de 1 / 36 = 30 l par battement, pour rendre le conteneur parfaitement facile à manutentionner on peut le diviser encore en deux donnant deux sacs de 15 l pesant 40 KG par battement.

Ainsi ces sacs en toile, peuvent être facilement remplis dans les carrières au fur et à mesure de la taille des blocs et faire le voyage des carrières vers l’assise en partie entassés sur les blocs pour en normaliser le poids au poids du jour, en partie sur un plateau porteur.

Nul besoin de précautions particulières pour éviter la dispersion du sable sur le chantier et le remplissage complet de n’importe quel volume et configuration de trou est très facile.

Les opérateurs sur l’assise disposent de 4 cycles soit 4 x 360 s pour vider 67 sacs dans un trou de 1 M³ , soit 21 s par sac en moyenne, ce qui n’est pas un problème.

Une fois vidés, il est aisé d’entasser les enveloppes dans un des sacs,et de les faire rejoindre les carrières avec les rouleaux.

Blocs de remplissage:

Remplir une pyramide est comme faire le pavement d’une terrasse, mais avec des dalles pesant plusieurs tonnes qu’il fallait monter de plusieurs dizaines de mètres en hauteur, il fallait donc faire bon du premier coup.

Je propose une organisation générale en plusieurs îlots

  1. Les carrières qui extraient et envoient les blocs au rythme du chantier vers un premier site de stockage et préparation au pied de la pyramide.
  2. Deux stocks intermédiaires, l’un distribuant les blocs pour l’assise du jour, l’autre les classant pour l’assise du lendemain.
  3. Un monte charge à flotteur coulé qui utilise la fosse « à barque solaire » au SE de la pyramide, recevant les blocs du stock intermédiaire du jour et les hissant sur la plateforme de lancement à 5.5 m du sol. Ce monte charge tient lieu également de balance pour ajuster le poids du bloc au « poids du jour ».
  4. Un plateau de lancement qui recevant les blocs devant monter dans la pyramide, les oriente face à la galerie d’accès et leur fait dévaler la rampe de lancement.
  5. Un ensemble de monte charges à plusieurs étages qui achemine les pierres vers l’assise en cours d’achèvement et qui redescend le lest, les sacs vides et les roulements avec les opérateurs.
  6. Une équipe fournissant l’énergie des monte charges, qui escalade une face de la pyramide avec des échelles, puis descend sur le plateau des monte charge avec le lest, les sacs et les roulements et les évacue vers le parvis de la pyramide.
  7. Une équipe de gestion des oscillations qui détermine le poids qui descend et quand il descend.
  8. Sur l’assise une équipe de réception du plateau du monte charge qui  réceptionne et oriente les blocs et fait redescendre les lests, les sacs et les roulements.
  9. Quatre équipes qui posent les pierres fonctionnant en parallèle aux quatre coins de l’assise et qui font remonter les roulements et les sacs vers le monte charge.

J’en déduis la dynamique suivante qui est celle d’une chaîne de production à flux tendu pour une cadence moyenne de 90 s par bloc:

  • Le pouls est donné par l’ascenseur de la grotte qui oscille avec la régularité d’un métronome, comme son fonctionnement est silencieux, un gong sur l’assise bat la cadence. Si le gong s’arrête tout le monde s’arrête sur le plateau sauf les blocs en mouvement qui n’entendent rien.
  • La période d’oscillation étant de l’ordre de 10 s le responsable des oscillations a droit à 9 cycles du monte charge pour monter un bloc puis régler toute la problématique de l’équilibrage entre la charge qui monte et le poids qui descend.
  • Les blocs étant tous différents, mais lestés pour peser pareillement à la monté, les lest qui redescendent présentent un poids variable par bloc, le responsable des oscillations connaît le poids de chaque lest et des opérateurs pour que sur un cycle de 9 oscillations, il fasse descendre exactement le poids qui a été monté. Le poids complémentaire a été ajusté au moment de la pesée, il est marqué sur le bloc.  C’est une régulation numérique précise.
  • Un bloc arrivant sur l’assise toutes les 90 secondes, chaque poste de pose fonctionnant en même temps aux quatre coins de la pyramide dispose de 4 x 90 s = six minutes pour poser un bloc.
  • Le bloc qui sort de la cage du monte charge, porte la marque de l’équipe qui va le poser,  on sait vers où le diriger Est ou Ouest.
  • Le bloc est délesté puis prend une rampe de lancement Est ou Ouest qui l’accélère pour lui donner une vitesse de l’ordre de 10 KM/H il est freiné par une rampe symétrique en monté, puis orienté Nord ou Sud.
  • Il prend une dernière rampe d’accélération Nord ou Sud et fait à l’horizontale la dernière partie de son trajet à la vitesse d’environ 10 KM/H.
  • Arrivé à son emplacement, une buté bloque sa progression, son énergie cinétique le fait basculer d’un quart de tour et tomber de son roulement sur l’assise, proche de son emplacement final, il conserve cependant une vitesse horizontale résiduelle qui le fait riper et se coller contre le bloc précédemment posé. Cependant pour une raison évidente, il reste un espace latéral entre le bloc et la rangée déjà posée.
  • Un pousseur d’assise qui l’attendaient le presse contre la rangée existante, ce sera son ultime ajustement, il est maintenant à la place où il se trouve encore aujourd’hui.
  • L’assise moyenne fait 170 m de base, le trajet moyen du bloc sur l’assise fait la longueur d’une demi base donc 85 m son temps de trajet est de 40 s plus 20 s de manutention,
  • Il reste donc 300 s à l’équipe de calepinage pour poser le bloc et préparer la réception du bloc suivant, tout en continuant à vider les sacs de sable dans les trous et faire retourner le roulement vers la cage du monte charge.
  • Le lest déjà mis de coté à la sortie du monte charge sera renvoyé au parvis avec le roulement sur les prochaines descentes du monte charge sur ordre du responsable des oscillations, les opérateurs attendent près de l’orifice de la cage l’ordre de monter sur le plateau en chargeant plus ou moins de lest avec eux.

Parement:

Ils sont posés avant les blocs de remplissage, en commençant par poser les angles, puis en remontant vers le centre des faces est et ouest, par les quatre équipes de calepinage d’assises.

Le mode opératoire pour le voyage sur l’assise et le basculement du bloc en phase finale est le même que pour les blocs de remplissage.

Contrairement aux blocs de remplissage, les blocs de parement on des joints parfaitement plans et  qui reçoivent un mortier, le mortier sur la face du bloc arrivant qui va se plaquer sur le bloc précédent a été apposé soigneusement juste avant le départ du bloc vers la pyramide, le mortier sur la face adjacente du bloc déjà posé a été apporté sur l’assise, il y en a une couche très mince.

Le processus de pose du bloc de parement diffère très peu du processus de pose du bloc de remplissage en ce qui concerne son transport sur l’assise et son basculement à l’arrivée, suivit d’un ripage au sol qui a lieu toutefois sur du mortier.

Emporté par son élan le nouveau bloc plaque avec force sur le bloc précédent en écrasant la couche de mortier sous la pression, d’abord de la chute pour la face  horizontale, puis du choc pour la face verticale.

Mais par sécurité, le bloc a été posé en retrait de la face de quelques centimètres, le pousseur d’assise va lui faire gagner son emplacement exact à moins d’un mm près, car il peut exercer une force suffisante pour bouger le bloc et être arrêté par une butée sur l’assise pour la précision.

Avec l’expérience de l’opérateur du pousseur, comme la force exercée est maximum à l’approche du sommet de l’oscillation, il peut contrôler son mouvement à la volée, avec précision et sécurité. S’il est facile de pousser le bloc vers l’extérieur, pour le faire rentrer dans l’assise en cas de dépassement est d’une autre difficulté!

Une fois les faces Est et Ouest complètes, les blocs de remplissage seront posés par rangées parallèle à ce muret que forme le parement. Les blocs du parement des faces nord et sud, seront posés, comme première pierre de chacune des rangées de remplissage.

Maçonneries des volumes internes:

La maçonnerie des volumes internes engage très peu de blocs à poser, mais avec beaucoup de soin et de précision, même pour la construction du soubassement, car de la qualité du soubassement dépend la stabilité des volumes.

Les chambres basse et haute sont conçues étanches à l’air, toute fissure risque de ruiner l’ensemble du projet, c’est ce qui a failli arriver dans la chambre haute.

Il est probable que le raccordement entre les blocs de remplissage et la maçonnerie centrale des volumes ait été réalisé par par endroits avec un joint de sable, pour éviter des contraintes néfastes dues à la médiocre qualité des faces des blocs de remplissage.

Compte tenu du faible volume et du travail en temps masqué, des méthodes de manutention plus traditionnelles seront mises en oeuvre, ce qui n’empêchera pas l’utilisation de pousseurs à pendule.

Traitement des mégalithes sur l’assise

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