D’Assouan à Gizeh

 

Tout le monde admet que le seul moyen de transporter des mégalithes de 30 à 65 t d’Assouan à Gizeh était le transport fluvial.

S’inspirant souvent de fresques relevées dans certaines tombes, beaucoup d’auteurs se sont risqués à proposer de placer ces mégalithes sur le pont d’une felouque de l’époque, ce qui est complètement délirant en terme de moyens de levage et de stabilité du bateau sous une telle charge.

Les fresques des tombes et des temples sont comme les fresques et vitraux des églises catholiques, des représentations symboliques en langage visuel codé, mais pas une image fidèle de la réalité.

Pour faire flotter dans le Nil ces monstres, il n’ a qu’une solution qui soit audacieuse, simple, efficace, fiable et peu coûteuse, c’est de transporter dans une mini barge individuelle le bloc noyé qui perd ainsi immédiatement un point de densité, le mégalithe de 65 t, dans l’eau n’en pèse plus que 40.

Mégalithe dansleau

La campagne de montage des mégalithes du toit de la chambre haute (et ceux du complexe mortuaire encore à découvrir)  a couvert 13 assises donc une durée de l’ordre de 2 ans environ, en 6 étages de 9 mégalithes, donc en gros trois mois entre chaque étage.

Les constructeurs avaient le choix entre deux stratégies, transporter tous les blocs d’un coup profitant d’une crue du Nil, puis les stocker à l’arrivée dans un bassin. Ce qui fait un convoi de 64 mini barges dans le Nil en crue.

Ou bien transporter les blocs au fil du besoin couche par couche, un convoi de 9 blocs  tous les trois mois environ.

Il transparaît dans les autres processus en oeuvre sur le chantier que « l’esprit de la pyramide » est favorable aux flux tendus, j’opterai donc pour la deuxième option.

Au sortir de la carrière dans une sorte de chantier naval, on construisait donc une barge autour des blocs, ceci fait comme pour le lancement d’un navire, le bloc dans sa barge glissait sur une pente en direction du bassin de réception et entrait ainsi dans l’eau en attendant d’être acheminé probablement en convoi vers la pyramide. Nul besoin de grues!

La technologie de construction de la barge ne devait pas être celle observée dans la « barque solaire » trouvée au pied de la pyramide, faite d’assemblage très astucieux de planches avec des cordes, ce qui convenait pour de faibles charges.

Ici la coque lourdement chargée  aurait pu être faite d’un empilage d’ossatures en bois dur enfermant une matière de faible densité, comme le liège ou le bois de blasa, recouverte d’un vernis de résine pour éviter qu’elle ne s’imbibe d’eau au fil du temps.

Ces ossatures étant assemblées avec des cordes, permettant ainsi d’ajuster la flottabilité au poids réel du mégalithe de telle façon que celui-ci soit totalement immergé.

Cet « emballage » était réutilisable d’un étage du toit au suivant, en remontant le Nil à vide pendant la pose de l’étage venant d’être transporté.

Les mégalithes mesurant entre 6.3 et 7.03 m de long, voyageaient couchés, pour présenter leur plus faible dimension à la verticale afin que la mini barge qui les transporte ait un tirant d’eau minimum afin de passer les hauts fonds du Nil capricieux.

Dans l’ensemble des 64 mégalithes connus du toit de la chambre haute, le plus désavantageux présente une dimension minimale de 1.74 m, tous les autres se dispersant entre 1.1 et 1.66 m. Ce qui laisse un tirant d’eau de l’ordre de 2 m maximum.

Ce choix est le meilleur pour transiter sur le Nil, mais présente plus loin à l’arrivée l’inconvénient d’augmenter la surface des écluses, donc la quantité d’eau à pomper..

Dans son apparente simplicité, ce système cache cependant un astuce de précision:

Le flotteur doit être conçu pour que son centre de poussée soit quelques mm en dessus du centre de gravité de l’ensemble, et ceci avec deux états stables couché et debout, donnant une flottaison couché naturellement stable, mais laissant plus tard dans le bassin de débarquement la possibilité de faire se redresser facilement le mégalithe à l’aide d’un lest ajouté au droit de sa future base.

Cette condition pour être satisfaite oblige à placer les flotteur de part et d’autre du bloc et non pas en dessus ce qui viendrait naturellement à l’esprit.

Cette condition élargit notablement l’encombrement du bloc entouré de ses flotteurs, ce qui n’est pas un inconvénient pour la plus part des poutres, sauf pour les énormes poutres du toit de la chambre haute.

Cela conduirait pour ces blocs à les positionner couchés mais sur le plus petit coté qui fait 1.5 m de large maximum et non pas sur le plus grand qui fait 2.66 m.

Il en résulterait un tirant d’eau de l’ordre de 3 m on peut supposer que les mégalithes du toit de la chambre haute aient pris le Nil en période de hautes eaux.

Dans la logique du flux tendu, entre deux voyages de blocs s’écoulaient environ trois mois, ce qui fixe le délai pour l’extraction de 9 poutres en granite.

Débarquement des mégalithes

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