Le cuivre

D’une façon qui surprendra plus d’un lecteur, le cuivre est pour les pyramides une ressource stratégique de première importance.

Rendons lui cette justice, sans le cuivre les pyramides n’auraient jamais été construites.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de premier abord et à ce qu’un certain nombre d’archéologues ont prétendu, le cuivre n’a jamais été utilisé pour tailler directement de la pierre en formant un arête de coupe, il n’est pas assez dur pour cet usage.

Par contre, peut être allié à de l’argent,  il a pu être utilisé pour le support et l’entrainement des arêtes de coupe en pierre dure qu’il a fallu d’abord enchâsser dans une pastille porteuse en cuivre.

Mais avant tout le premier intérêt du cuivre dans le chantier de la pyramide est sa densité de 8.9.

Les constructeurs avaient besoin de lest par dizaines de tonnes pour faire fonctionner les flotteurs élévateurs et pour donner de la force aux moteurs pendulaires.

Il en a été consommé des quantités phénoménales, probablement sous forme de lingots pesant de l’ordre de 50 KG que l’on pouvait facilement manipuler et entasser.

La consommation en été telle qu’une ligne logistique permanente fut établie entre les mines du Sinaï et le chantier, comme en témoignent les fouilles récentes de Ouadi el Jarf menées par P.Tallet de la Sorbonne.

Le deuxième usage, moindre en quantité mais pas en importance, fut de contribuer à la réalisation des rouleaux étoilés pour assurer le transport des blocs sur les pistes « ad hoc ».

Il était facile aux constructeurs de fabriquer « en série » quelques milliers de ces rouleaux en cuivre moulé.

En examinant les caractéristiques des rouleaux étoilés en cuivre utilisés pour transporter les blocs, on constatera que les rouleaux au contact du sol, pouvaient rapidement exercer une pression qui dépasse la résistance à la compression du calcaire à nummulites des pierres de remplissage, de l’ordre de 40 N/mm² et même du calcaire de Turah évalué à 60 N/mm², et même à la limite, du Granite d’Assouan évalué à 220 N/mm². Le cuivre alors complètement écroui présentant une résistance à la compression de l’ordre de 320 N/mm².

Les anciens égyptiens auraient donc pu utiliser cette propriété, pour tracer par écrasement et désagrégation des pierres, des sillons dans ces matériaux, si ce n’est pour extraire les pierres des carrières, au moins pour rectifier finement les surfaces de contact des blocs finement taillés comme ceux du parement et de la maçonnerie interne.

D’après les recherches archéologiques actuelles, à l’époque de l’ancien empire, le cuivre disponible était du cuivre « pur » avec un certain degré d’impureté d’arsenic variable suivant le lieu d’extraction du minerai et le procédé d’obtention, le bronze alliage de cuivre et d’étain et de plomb n’était pas encore en usage.

Je retiendrai pour l’ensemble de l’étude, que ce soit sous le vocabulaire bronze ou cuivre les caractéristiques physiques du cuivre à l’état écroui.

Limite de résistance élastique à la compression 300 N/mm², module de Young : 125 KN/mm², densité 8.9 T/M³.

Le symbole alchimique du cuivre se rapproche étrangement de « Ank » la clé de vie que les dieux égyptiens tiennent systématiquement à la main.

ank

 

cuivre

4 réflexions sur “Le cuivre

  1. Michel ARMAND

    Bonjour, le cuivre peut parfaitement servir à couper de la pierre calcaire . La lame doit être lisse et il convient d’utiliser de l’émeril comme abrasif. Personnellement, j’ai coupé de petites agates avec une scie a main à lame cuivre, c’est très long mais ca marche.

    Aimé par 1 personne

    1. khufulite

      Merci Michel pour votre commentaire, qui apporte le fruit de votre expérience.
      Ce que vous dites c’est que ce n’est pas le cuivre qui coupe l’agate, mais le cuivre entraîne l’émeri qui fait le travail.
      En réalité l’émeri ne « coupe » pas, mais au niveau du contact le grain d’émeri plus dur que l’agate, coincé entre la lame de cuivre et la pierre exerce une pression sur l’agate qui dépasse la résistance à la compression et de l’agate et du cuivre, il se trouve « enchâssé » dans le cuivre et sur une certaine distance trace un micro sillon dans l’agate.
      A la longue il y aura eu suffisamment de micro sillons pour faire un sillon de la largeur de la lame de cuivre, laquelle aura aussi été elle aussi entamée dans l’opération.
      Cependant quand vous êtes confronté à la tâche de creuser de l’ordre du kilomètre de sillon par jour sur 1 m de profondeur, vous comprendrez qu’il faut « industrialiser » le principe du grain de coupe et de la lame de support et d’entraînement. Donc enchâsser la pastille de coupe en pierre dure dans la lame de cuivre. La lame presse sur la pastille qui presse sur la pierre et l’éclate, un mouvement de translation de la lame continue le sillon entamé, mais il faut alors exercer des forces de l’ordre de plusieurs KN pour faire le travail, ce qui exclue un outillage individuel au profit d’un outil collectif.

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      1. Michel ARMAND

        Ces fameux sillons sont creusés par martelage à la boule de dolérite (il y a un tour de main a trouver, ça marche très bien). Ils ont un fond non plan mais constitué d’une succession de petites cuvettes correspondant à un poste de travail d’un tailleur à genou, il faut être très près pour observer le truc Pendant des siècles nous avons d’ailleurs utilisé un système similaire qui a fini par donner l’outil appelé boucharde. Cette découpe a été bien étudiée au cours des siècles passés il ne doit pas rester trop d’interrogation …Par contre vous risquez sur place de trouver effectivement des traces d’outils  » inexplicable »s correspondants aux différents travaux entrepris pour restaurer certains monuments aux époques « modernes »…le tourisme autours des pyramides a débuté il y a longtemps..;

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      2. khufulite

        A votre avis, un sillon creusé par martelage avec des boules de dolérite par un ouvrier travaillant à genoux, aurait quelle largeur sur une profondeur de 1 m environ?
        Avez vous une idée de la production journalière de sillon par un ouvrier avec ce procédé?

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