Puits de service et canaux obliques des chambres

Chacun de ces dispositifs a eu pendant la construction de la pyramide la finalité de faire entrer de l’eau dans les chambres à partir de l’assise pour maintenir le niveau, cependant le puits de service a eu une fonction supplémentaire de surveillance de niveau pendant la construction, puis a permis aux ouvriers de s’extraire de la pyramide, roi inhumé toutes issues bouchées sauf une.

Les oscillateurs hydrauliques ont fonctionné pendant des années sous un climat chaud est sec, il y a donc eu de l’évaporation dans les circuits hydrauliques plus d’inévitables fuites sur des M² de « tuyaux » en pierre maçonnée et il fallait régulièrement « refaire le niveau ».

Le seul circuit en contact avec l’extérieur de la pyramide était celui de la grotte avec l’entrée de la galerie descendante, mais ce n’était pas chose aisée que de faire venir de l’eau par cette entrée, car il n’y avait là aucun dispositif de levage particulier, l’eau devait monter par des sceaux élevés à la force des bras, ce n’était pas difficile, mais long et fastidieux quand il s’agissait de compter en M³.

Il était donc bien plus avantageux de faire monter l’eau par les ascenseurs dans des conteneurs, pour la déverser dans le circuit soit par le puits de service, soit par les « canaux de ventilation » des chambres.

Cependant au fur et à mesure de l’élévation des assises, ces orifices se trouvèrent bouchés par l’assise, au niveau 22 m pour le puits de service, au niveau 60 m pour les canaux de la chambre basse. En conséquence le niveau de ces circuits n’était plus maintenu en apportant de l’eau directement dans les canaux, mais par l’étage supérieur à la demande. La vanne qui servait à commander cet apport d’eau à partir du troisième étage est toujours présente dans la pyramide dans la chambre des herses. 

Par contre la jonction entre le puits de service et le volume commun à la grande galerie, le couloir ascendant et la galerie horizontale avait une géométrie permettant à la fois à un seuil d’alimenter automatiquement l’étage de la grotte en eau et de laisser passer un observateur pour surveiller le niveau d’eau du circuit du premier étage.

La partie inférieur de puits a été creusée dans la roche au tout début du chantier, elle fait une section de 0.7 x 0.7 m minimum nécessaire pour qu’un ouvrier puisse creuser.

PuitsSce-grotte
Crédit Maragliolio & Rinaldi

La partie supérieure du puits après la mini grotte, de section inchangée, présente un aspect non maçonné, comme si elle avait été « oubliée » puis creusée après coup dans les blocs de remplissage (G.Dormion-La Chambre de Chéops).

De mon point de vue il n’en est rien, la partie traversant les blocs de remplissage a simplement été taillée « à l’économie » dans les blocs de remplissage qui l’entourent, en plein air au moment de la pose de ceux-ci sur l’assise. Au lieu d’être posé « à sec » comme tous les autres, ces blocs là reposaient sur un lit de mortier pour assurer une étanchéité. L’aspect erratique du trajet de cette partie du puits, provient simplement du calepinage parasismique des assises qui a cherché à faire un recouvrement en chaînage des blocs, non seulement sur le plan d’une assise, mais dans la mesure du possible entre les assises.

Mais alors pourquoi ne pas se contenter de tailler un trou d’une section plus réduite, comme celle des canaux obliques des chambres, encore plus économique?

Les constructeurs savaient depuis le début que ce puits allait avoir deux fonctions supplémentaires:

  • Pendant la construction de la pyramide donner l’accès à un opérateur dans la mini-grotte pour surveiller le niveau d’eau du circuit du premier étage.
  • Construction finie, roi inhumé, permettre aux derniers ouvriers fermant la pyramide de trouver une issue de sortie.

Il fallait donc une section suffisante donc 0.7 x 0.7 m.

Ce « détail » pourrait nous faire croire que les constructeurs avaient le plus grand respect de la vie de leurs ouvriers, il eut été si facile mais si cruel de laisser mourir ces derniers dans la pyramide emportant le secret avec eux, bénéficiant néanmoins du privilège unique d’accompagner le roi dans son voyage éternel, bien que dans la soute à bagages.

Mais des esprits plus cyniques pourraient rétorquer que si d’aventure quelques pilleurs ou archéologues du futur devaient pénétrer dans ces volumes intérieurs et découvrir les corps desséchés des ces malheureux sacrifiés ils en auraient déduits qu’il n’y aurait jamais pu avoir un grand roi dans ces chambres en compagnie de ces gens du commun.

Ici, vertu et nécessité allaient de pair!

L’orifice de la galerie descendante face nord cote + 17, était donc avec l’entrée de la galerie d’acheminement des blocs cote zéro face Est, le dernier orifice de la pyramide à fermer dans le parement.

Il reste néanmoins un problème intéressant à résoudre, comment à 17 m de hauteur dans une pyramide depuis longtemps terminée, placer avec la précision que l’on connait dans cet ouvrage, la dernière pierre du parement qui aurait bien pu peser encore 3 t pour qu’elle ne se singularise pas trop des autres?

Je pense que ce dernier bloc avait été monté et ajusté avec ses blocs adjacents, puis posé en attente à son niveau sur un podium soutenu par un échafaudage, bien nécessaire par ailleurs pour permettre aux ouvriers de travailler sur l’entrée de la galerie descendante. Il est resté là pendant tout le temps de la construction en attente de la sortie des derniers ouvriers fermant la pyramide avant d’être à son tour scellé à sa place définitive jusqu’à l’avènement des démolisseurs d’Al Ma’mûn.

 

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