Chambre des herses

La chambre des herses telle qu’on la voit aujourd’hui est un vestige maquillé, du cylindre vertical du troisième étage du monte charge, ses murs Est et Ouest nous donnent une clé de compréhension de la technologie des cylindres de la grande pyramide.

Le volume du cylindre est fait d’un premier volume maçonné à l’aide de pierres de calcaire, équipé d’un placage d’épaisseur 0.2 m  en granite nervuré.

Ch-Herse-Flotteur

Pourquoi ceci?

D’abord le granite, pour sa dureté et résistance à l’usure. Pendant 5000 jours le cylindre subissait du flotteur environ 4 000 va et viens par jour, 20 millions pour le premier étage pendant la durée du chantier un peu moins pour les étages supérieurs.

Le mouvement du flotteur était parfaitement vertical grâce à son lest qui plaçait le centre de gravité, bien en dessous du centre de poussée pour l’essentiel du trajet du flotteur. Mais on ne pouvait éviter des frottements, sans charge heureusement, contre les parois du cylindre. Le flotteur étant en bois, il usait peu le granite, et lui même s’usait d’avantage, on pouvait toujours démonter le flotteur pour lui faire une maintenance, mais pas le parement du cylindre ni de la cage qui devait tenir toute la durée du chantier.

La forme nervurée permettait à la fois de laisser un jeu faible probablement de l’ordre du centimètre entre le flotteur et la partie saillante des nervures du cylindre, pour un guidage précis, tout en laissant un espace suffisant autour du flotteur pour que l’eau déplacée par celui-ci puise trouver un passage à faible vitesse dans le cylindre et donc garder des pertes hydrauliques faibles grâce à un écoulement laminaire.

Mais la fonction de ce volume a été plus complexe, car lorsque le troisième étage fonctionnait, les conduits d’alimentation en eau du premier et du deuxième étage étant bouchés, il fallait que le troisième étage puisse alimenter en eau le deuxième qui alimentait déjà le premier. L’eau ayant été amenée dans la chambre haute préalablement à toutes ces manœuvres tout simplement en passant par les ascenseurs et entrant dans la chambre haute par les conduits inclinés appelés improprement « canaux de ventilation ».

Le sarcophage introduit dans le couloir de liaison avec la grande galerie, fermait de façon étanche la communication entre le cylindre et la grande galerie en étant placé sous le faux linteau inférieur.

Les faux linteaux, toujours en place dans la pyramide, ont fonctionné comme une vanne à guillotine pour verser à la demande de l’eau dans la grande galerie.

Pyramide terminée une section de ce cylindre a été conservée avec quelques transformations pour fabriquer la chambre des herses:

La partie basse du cylindre a été obturées puis coiffée par un plancher et un linteau ferme la partie haute du volume actuel. Si d’aventure quelqu’un perçait ce linteau et y passait un endoscope, comme le firent Dormion et Verd’hurt avec les linteaux de la galerie de la pyramide de Meidoum, je ne serais pas étonné que l’on découvre une « chambrette » avec une voûte semblable à celles de Meidoum.

Chambrettes

Le dépassement du mur nord qui permettait l’étanchéité entre le faux linteau supérieur et le mur a été aligné sur la partie basse du mur, pour permettre un accès au volume nouvellement créé par dessous le faux linteau, accès nécessaire pour installer le mécanisme des herse.

herses

Examinons maintenant le fonctionnement de ses volumes pendant la période de construction:

La chambre haute contient de l’eau et communique avec son cylindre (la chambre des herses) par son couloir d’entrée, le cylindre est plein d’eau jusqu’au niveau 58 m et contient un flotteur de 29 m de longueur, le mur nord du cylindre est traversé par le couloir venant de la grande galerie, ce couloir est bouché par le sarcophage au niveau du faux linteau inférieur.

La section du sarcophage 0.98 x 1.05 m , passe dans celle du premier et deuxième couloir  1.04 x 1.11 m avec un jeu faible, propice à réaliser une parfaite étanchéité, la longueur du sarcophage permet exactement de faire passer l’eau issue de la vanne à travers le mur nord de la chambre des herses. Toutes ces dimensions qui s’accordent parfaitement ne sont pas le fruit du hasard!

On notera dans le schéma ci-dessous, la présence sous le plancher de la chambre des herses du cylindre qui fut plus tard bouché,  pyramide terminée.

Herse-Appui-Fauxlinteau

Normalement ce dispositif aurait eu à fonctionner chaque fois qu’il fallait ajuster le niveau d’eau des étages inférieurs quand le troisième étage était en service.

Le « sarcophage » devait rester à cet emplacement pendant toute la durée de la construction de la pyramide.

Un autre « détail » est manquant dans la configuration visible aujourd’hui:

L’étude du fonctionnement du troisième étage montre que la partie haute du cylindre (prolongement de la chambre des herses) se situe à 58 m le niveau montait dans le cylindre jusqu’à +58 m, soit 13 m de colonne d’eau au niveau du faux linteau supérieur, il fallait donc une étanchéité à cet endroit tenant à 1.3 Kg/CM² de pression.

G.Dormion a remarqué dans son analyse de la chambre des herses que la face sud du mur nord avait été retaillée, elle aurait donc pu avoir cette configuration pendant la phase construction de la pyramide:

La partie un peu sombre contre le faux linteau supérieur étant le mur d’origine avant d’avoir été retaillé, le flotteur a été retiré pour mieux voir les faux linteaux en violet, sous le faux linteau le sarcophage qui reçoit l’eau de la vanne et la fait passer dans la grande galerie.

 

Y a-t-il des indices dans la pyramide pour valider ce récit?

En voilà un, la marche haute de la grande galerie, si ça n’est pas un déversoir!

MarcheHauteGrande Galerie

En voilà un autre vraiment surprenant:

Sarcophage-coin

Les constructeurs ont fait « tomber » un angle du sarcophage, pas seulement pour diriger l’écoulement de l’eau afin qu’il ne « douche » pas les pieds de l’opérateur, mais surtout pour laisser entre le linteau du couloir et la bordure du sarcophage, une espace minimal suffisant pour que la personne qui fait l’installation et le réglage du mécanisme de la vanne, et aussi qui pose les cales entre la paroi sud du sarcophage et le mur du couloir pour empêcher le sarcophage d’être chassé dans la grande galerie par la pression de l’eau, puisse sortir du sarcophage son travail terminé.

Mais pour ça mieux valait avoir des talents de contorsionniste et ne pas avoir la stature d’un lutteur sumo!

sarcophage ecorné

Cette configuration est resté telle quelle jusqu’à l’achèvement de la pyramide, par la suite le « sarcophage » a été déplacé un peu plus au sud à l’entrée du deuxième passage pour le boucher et participer ainsi au scénario du leurre.

 

 

 

 

 

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