Les « rampistes » ont perdu la guerre mais n’osent pas l’avouer

Beaucoup d’études ont été publiées qui ont décrit des méthodes pour déplacer les pierres constitutives de la pyramides à l’aide de traîneaux glissant sur des rampes externes ou internes, ci dessous une brochettes, non exhaustive de solutions proposées:

Rampes diverses

Je vais démontrer ci-dessous qu’aucune des solutions présentées par les tenants des rampes, ne permettait même dans le meilleur des cas de réaliser la grande pyramide dans le délai, , car l’utilisation des traîneaux glissant pour transporter les pierres aurait consommé trop de l’effectif des 2 000 ouvriers hébergés dans la ville des travailleurs:

era report 2007
AERA: Giza reports 2007 volume 1

Cependant et pour cause! AUCUN des dizaines d’auteurs exposant leurs conceptions des rampes élévatrice n’a présenté le calcul pourtant simple qui permet de vérifier l’adéquation besoin/ ressource.

Toutes ces rampes ont une origine conceptuelle commune:

  • Les auteurs  n’ont pas compris la fonction des puits  de la pyramide de Saqqarah
  • Les auteurs n’ont pas compris que simplement en faisant descendre son poids, un homme exerce 5 fois la force qu’il peut développer en marchant.
  • Les auteurs n’ont pas compris l’usage des pierres de pivotement.

Ces auteurs ne disposant donc pas d’élévateurs à puits, ni de la force de la pesanteur pour élever les pierres dans la pyramide, ont utilisé la rampe en pente douce comme moyen d’élévation des blocs portés par des traîneaux glissants à la force des bras et des jambes des haleurs. C’est la pire des solutions possibles.

En ne tenant pas compte du travail supplémentaire et du temps perdu a faire et défaire leurs rampes, je vais ici évaluer les conséquences en terme d’effectifs à mobiliser pour déplacer les pierres de la pyramide de Chéops depuis la carrière jusqu’à son emplacement final en utilisant un tel outillage.

Je vais faire les hypothèses simplificatrices suivantes:

  • On se limite aux blocs de remplissage supposés avoir été extraits dans des carrières situées dans la partie SE du plateau, à 400 m de la base de la pyramide au niveau – 4 m par rapport à la base de la pyramide.
  • Arrivant à la pyramide les pierres sont stockées dans un stock tampon d’un jour de production pour y préparer le calepinage du lendemain, elle y font un trajet moyen de 100 m pour entrer et sortir.
  • Les pierres sont montées sur la pyramide par une rampe dont la pente moyenne fait 10%, la hauteur moyenne d’élévation est celle du centre de gravité de la pyramide 36 m, soit 40 m en tout avec le dénivelé des carrières, longueur de la rampe moyenne 400 m.
  • Sur l’assise moyenne qui à 36 m l’altitude fait 180 m de coté le bloc moyen fait un trajet moyen de 200 m pour trouver son emplacement définitif.
  • Le besoin moyen journalier est de 480 blocs moyens de 2.5 tonnes.
  • Les traîneaux glissent sur une piste lubrifiée leur poids est négligé.
  • Le coefficient de glissement du traîneau sur la piste lubrifiée est de 0.2
  • Pour simplifier les calculs la valeur de l’accélération de la pesanteur est prise à 10 au lieu de 9.82.

Le trajet moyen d’un bloc moyen est  de 400 + 100 + 400 + 200 = 1100 m, le trajet d’un ouvrier par rotation est celui-ci à l’aller et 1 000 m au retour, car il ne passe plus par le stock .

La résistance à l’avancement d’une tonne de charge sur ce traîneau est donc de 2 KN

Le coefficient de frottement moyen des pieds des ouvriers sur la piste de halage est de 0.3, mais c’est quand il se tient à la verticale, quand il marche, la jambe qui pousse ne porte pas tout le poids du corps et s’incline jusqu’à 20°, de ce fait le coefficient à prendre en compte est de 0.2. Pour exercer une force de 2 KN il faut un poids d’une tonne d’ouvriers. cependant à cette valeur, les deux forces s’équilibrent et rien ne bouge, si l’on veut faire avancer la charge, il faut rajouter 10% au poids des ouvriers, soit 1.1 t d’ouvriers pour faire avancer 1 t de charge.

En admettant qu’un ouvrier moyen capable de produire 1 KWH par jour aurait pu parcourir sans charge, tous les jours sous le soleil du plateau 50 KM, il aurait donc consommé 20 WH par KM juste pour se déplacer.

Par ailleurs pour tirer une charge moyenne de 2.5 t soit une force résistante de 5 KN, il fallait 2.5 x 1.1 = 2.75 t d’ouvriers, soit un effectif de 40 ouvriers d’un poids moyen de 70 KG, chaque ouvrier tirant avec une force de 125 N.

Dans la rampe à 10% de 400 m qui élève la pierre, une force supplémentaire de 2.5 KN est demandées par la pesanteur, il fallait donc ajouter 20 ouvriers en renfort par pierre pour faire avancer le chariot sur la rampe.

Bilan énergétique par trajet et par ouvrier:

Marche de 2.1 KM de l’ouvrier 20 x 2.1 = 42 WH

Déplacement de la pierre sur le plat 1.1 KM : 1 100 x 125 = 138 000 joules ou 39 WH

Montée de la pierre de 40 m sur la rampe 40 x 2 500 x 10 / 40 = 25 000 J ou 7 WH

Montées de l’opérateur de 40 m sur la rampe : 40 x 70 x 10 = 28 000 J ou 8 WH

Le total fait quasiment 100 WH

On peut faire immédiatement une remarque intéressante, pour faire parcourir 1.1 KM à la pierre de 2.5 t, le frottement du traîneau consomme 39 % de l’énergie produite, mais les ouvriers 50 %, l’élévation à 40 m de la pierre seulement 7% !

Produisant 100 WH par rotation l’ouvrier pouvait en faire 10 par jour, donc l’équipe de 40 pouvait tirer 10 blocs par jour, pour un besoin de 480, il fallait 48 équipes de 40 travaillant en parallèle soit 1920 ouvriers.

48 équipes travaillant en même temps sur le même parcours de 2.1 KM cela ne laisse que 44 m entre les équipes, il y a embouteillage dans la rampe avec 60 haleurs qui doivent tenir dans 40 m linéaire, ça doit être chaud dans les virages à 90° voire 180°quand il faut passer d’une portion de rampe à l’autre

Il faut encore rajouter l’équipe de renfort pour la montée, qui parcourait 400 m par montée le bilan énergétique par ouvrier se décomposant ainsi, 800 m aller retour 20 WH, 400 m de glissement 14 WH, 40 m de monté 7 WH, total 41 WH, cette équipe pouvait faire 25 rotations par jour, pour un besoin de 480 pierres il fallait 20 équipes de 20 soit 400 personnes supplémentaires.

Au final, le transport et élévation du bloc moyen à la hauteur moyenne aurait consommé  2320 ouvriers en moyenne venant d’une ville qui n’en hébergeait que 2000 au maximum!

Échec et mat pour les tenants des rampes glissantes pour construire la pyramide.

Il n’est donc pas étonnant que cette consommation d’effectif ne soit jamais rapprochée de la ressource disponible par les auteurs des théories.

Les rouleaux à plots s’imposent pour diviser par dix la résistance à l’avancement, mais avec un tel dispositif, la logique des rampes à 10% explose on pourrait se permettre du 30%   ce qui change tout car les opérateurs ne tiennent plus sur les rampes, il aurait fallu alors abandonner totalement ce principe de rampes additionnelles!