Manutentions des mégalithes des toits

Dans la pyramide de Chéops, les toits de la chambre basse sont recouverts de 18 doubles chevrons de 7 m de long 2.4 m de haut et .8 m d’épaisseur qui pèsent 32 t chacun.

Au dessus de la chambre haute, un incroyable empilage de plus de 50 blocs de 6 à 7 m de long de 1.25 à 2.6 m de hauteur et de 1 à 2 m d’épaisseur, pesant de 30 à 65 t pièce.

Ces derniers, après avoir fait un trajet fluvial de 900 KM et un débarquement à l’arrivée au pied du plateau, avaient encore 700 m à progresser tout en s’élevant de 50 m sur la chaussée d’accès à la pyramide, puis à progresser sur la piste d’accès au monte charge qui traverse la pyramide, puis une fois sur l’assise à faire un trajet avec 2 changements de direction et un pivotement avant d’être posés.

Manutentionner ces monstres sans les outils de levage que l’on connait de nos jours, les faire circuler dans d’étroites galeries, les élever de 60 m dans une cage de monte charge fut un des grands défis de la pyramide de Chéops.

Les chapitres consacrés au trajet maritime, au débarquement, à l’ascension de la chaussée, à l’élévation dans le monte charge, et la pose à leur emplacement décrivent avec détail comment cela aurait pu se passer.

Nous allons examiner ici certains détails techniques qui ont rendu ces déplacements possibles.

Il a fallu:

  • Apporter les roulements adéquats pour les déplacements sur terre.
  • Soulever de quelques millimètres ces mégalithes pour des changement de direction du roulement et un pivotement sur lui même.

Roulement:

Du fait du passage des rampes d’accès à la pyramide et au pas de chargement, on ne peut pas distribuer les roulements le long de la plus grande longueur, car dès que le roulement de tête s’engage dans une pente montante, les roulements du milieu sont déchargés, et dès que le roulement de tête s’engage dans une pente descendante, c’est lui qui se trouverait déchargé.

Il ne peut pas y avoir sous ces mégalithes plus de deux rangées de roulement, celui de tête et celui de queue, ce qui conduit à un maximum de 32.5 t par rangée de roulement pour le mégalithe le plus lourd, dont la largeur dans le sens de la progression est de 1.5 m et la longueur 2.7 m.

Par rangée de largeur 1.5 m, j’ai pris 3 patins de 0.5 m de large, 0.3 m de longueur de rouleau  qui se tiendront cote à cote sous le bloc, soit 11 t de charge par patin,  et 2 rouleaux en prise par patin, soit 5.5 t par rouleau sur une largeur de 0.3 m .

On prendra pour la circonstance des rouleaux spéciaux faits de bois durs comportant le plus de plots possibles en parallèle sur une arête.

Pour 30 cm d’arête on peut placer 10 plots en parallèle ce qui donne 550 KG par plot, ce qui revient à une charge « normale » par plot.

Ces rouleaux présentent une force horizontale de « décollage » 55 KN pour un mégalithe de 65 t. Seul un pousseur à pendule pouvait aisément mettre en mouvement un tel monstre. Par contre une fois lancé, la résistance à l’avancement sur une trajectoire horizontale n’était que de 11 KN.

 

 

Ainsi configuré chaque patin fait en dimensions hors tout 0.5 m de large 0.5 m de hauteur 0.5 m de longueur.

 

 

Mégalithe

 

Soulèvement de 5 mm d’un mégalithe de 65 t:

Soulever de 5 mm un mégalithe de 65 t pour décharger ses supports aura été nécessaire pour deux besoins:

  • Réorienter les roulements quand il fallait changer de direction.
  • Faire pivoter autour de son axe vertical le mégalithe pour le placer en position finale.

Le moyen pour soulever le mégalithe est tout simplement d’utiliser le principe d’un coin pivotant, en poussant le bloc, le coin pivote et monte le bloc de quelques mm.

La base du mégalithe posée sur ses patins est à 0.5 m du sol, pour soulever le bloc de 5 mm il faut un angle de démarrage du coin dont le cosinus soit 0.01 soit de 89.4° avec l’horizontale.

L’effort pour faire monter le bloc sur le coin est alors proportionnel à tangente (0.6°) soit 1/100 du poids à soulever, en l’occurrence 6.5 KN, ce sera encore le rôle d’un pendule pousseur.

Il faut comprendre que les rouleaux sur les quels le bloc est transporté, soulèvent aussi celui-ci à chaque rotation d’un plot, mais d’une hauteur de seulement 0.4 mm, ce qui sera suffisant pour venir « coincer » le coin sous le bloc. Il en faudra bien sûr 4 par bloc.

Une fois le travail fait sous le bloc, il suffira de pousser dans l’autre sens pour faire redescendre celui-ci sur ses patins porteurs éventuellement réorientés.

 

Ces opérations nécessitent de la force, mais peu de puissance car les déplacements sont très faibles, grâce à la masse du pendule qui apporte la force, une poignée d’opérateurs aurait suffit à la manœuvre!

Quelqu’un aujourd’hui a conservé la recette de cette méthode.

Un fois encore, comme toujours dans la pyramide, il fallait une grande précision d’exécution.

 

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