Remplissage des assises

Le remplissage d’une assise se fait en plusieurs temps:

  • Il faut maçonner la parti centrale que ce soit le soubassement ou la construction d’une chambre ou d’une galerie.
  • Il faut poser les pierres du parement Est et Ouest y compris les 4 angles.
  • Il faut poser les blocs de remplissage des extrémités vers le centre en lignes successives et parallèles, en commençant par poser la pierre de parement qui commence une ligne.
  • Et se pose la question, comment intégrer les déchets de taille dans l’assise?

Sable:

Les déchets de taille sous forme de sable fin sont produits en même temps que les blocs. Si on cherchait à l’inclure dans la pyramide avec un processus particulier au sable, il faudrait attendre que les blocs d’une assise soient posés pour intégrer le sable, car on ne peut mélanger deux processus sur un même lieu et il faut bien créer les trous à boucher.

Il faudrait donc stocker, la valeur d’une assise en sable avant le l’intégrer. L’assise moyenne qui fait 170 m de coté et 0.7 m de hauteur représente un volume de 20 200 M³ dont les 2/3 sont faits de blocs, mais 1/3 de sable, soit environ 7 000 M³ de sable ce qui est considérable, et pose un problème de modalité de stockage puis de reprise.

La durée de pose d’une assise moyenne à raison de 90 secondes par M³ est de l’ordre de 1 mois, il ne parait pas évident de maintenir pendant des mois un gros tas de sable sans qu’il soit un jour ou l’autre dispersé par le vent venant du désert.

Il faut donc intégrer le versement du sable dans le processus des blocs.

Il faut pour cela conditionner le sable dans un conteneur qui se manutentionne comme un bloc, mais comme le volume à remplir est chaque fois variable, on comprend intuitivement que l’on a intérêt à fractionner ce volume autant que possible tout en le standardisant, pour faciliter la manutention des conteneurs et le remplissage des trous.

Pour 3 blocs solides qui montent il y a 1 M³ de sable qui doit monter en moyenne.

Pour fractionner le volume au maximum on dispose de 9 battements de l’oscillateur par bloc plus 9 battement pour le sable, soit 36 battements en tout, soit un volume de 1 / 36 = 30 l par battement, pour rendre le conteneur parfaitement facile à manutentionner on peut le diviser encore en deux donnant deux sacs de 15 l pesant 40 KG par battement.

Ainsi ces sacs en toile, peuvent être facilement remplis dans les carrières au fur et à mesure de la taille des blocs et faire le voyage des carrières vers l’assise en partie entassés sur les blocs pour en normaliser le poids au poids du jour, en partie sur un plateau porteur.

Nul besoin de précautions particulières pour éviter la dispersion du sable sur le chantier et le remplissage complet de n’importe quel volume et configuration de trou est très facile.

Les opérateurs sur l’assise disposent de 4 cycles soit 4 x 360 s pour vider 67 sacs dans un trou de 1 M³ , soit 21 s par sac en moyenne, ce qui n’est pas un problème.

Une fois vidés, il est aisé d’entasser les enveloppes dans un des sacs,et de les faire rejoindre les carrières avec les rouleaux.

Blocs de remplissage:

Remplir une pyramide est comme faire le pavement d’une terrasse, mais avec des dalles pesant plusieurs tonnes qu’il fallait monter de plusieurs dizaines de mètres en hauteur, il fallait donc faire bon du premier coup.

Je propose une organisation générale en plusieurs îlots

  1. Les carrières qui extraient et envoient les blocs au rythme du chantier vers un premier site de stockage et préparation au pied de la pyramide.
  2. Deux stocks intermédiaires, l’un distribuant les blocs pour l’assise du jour, l’autre les classant pour l’assise du lendemain.
  3. Un monte charge à flotteur coulé qui utilise la fosse « à barque solaire » au SE de la pyramide, recevant les blocs du stock intermédiaire du jour et les hissant sur la plateforme de lancement à 5.5 m du sol. Ce monte charge tient lieu également de balance pour ajuster le poids du bloc au « poids du jour ».
  4. Un plateau de lancement qui recevant les blocs devant monter dans la pyramide, les oriente face à la galerie d’accès et leur fait dévaler la rampe de lancement.
  5. Un ensemble de monte charges à plusieurs étages qui achemine les pierres vers l’assise en cours d’achèvement et qui redescend le lest, les sacs vides et les roulements avec les opérateurs.
  6. Une équipe fournissant l’énergie des monte charges, qui escalade une face de la pyramide avec des échelles, puis descend sur le plateau des monte charge avec le lest, les sacs et les roulements et les évacue vers le parvis de la pyramide.
  7. Une équipe de gestion des oscillations qui détermine le poids qui descend et quand il descend.
  8. Sur l’assise une équipe de réception du plateau du monte charge qui  réceptionne et oriente les blocs et fait redescendre les lests, les sacs et les roulements.
  9. Quatre équipes qui posent les pierres fonctionnant en parallèle aux quatre coins de l’assise et qui font remonter les roulements et les sacs vers le monte charge.

J’en déduis la dynamique suivante qui est celle d’une chaîne de production à flux tendu pour une cadence moyenne de 90 s par bloc:

  • Le pouls est donné par l’ascenseur de la grotte qui oscille avec la régularité d’un métronome, comme son fonctionnement est silencieux, un gong sur l’assise bat la cadence. Si le gong s’arrête tout le monde s’arrête sur le plateau sauf les blocs en mouvement qui n’entendent rien.
  • La période d’oscillation étant de l’ordre de 10 s le responsable des oscillations a droit à 9 cycles du monte charge pour monter un bloc puis régler toute la problématique de l’équilibrage entre la charge qui monte et le poids qui descend.
  • Les blocs étant tous différents, mais lestés pour peser pareillement à la monté, les lest qui redescendent présentent un poids variable par bloc, le responsable des oscillations connaît le poids de chaque lest et des opérateurs pour que sur un cycle de 9 oscillations, il fasse descendre exactement le poids qui a été monté. Le poids complémentaire a été ajusté au moment de la pesée, il est marqué sur le bloc.  C’est une régulation numérique précise.
  • Un bloc arrivant sur l’assise toutes les 90 secondes, chaque poste de pose fonctionnant en même temps aux quatre coins de la pyramide dispose de 4 x 90 s = six minutes pour poser un bloc.
  • Le bloc qui sort de la cage du monte charge, porte la marque de l’équipe qui va le poser,  on sait vers où le diriger Est ou Ouest.
  • Le bloc est délesté puis prend une rampe de lancement Est ou Ouest qui l’accélère pour lui donner une vitesse de l’ordre de 10 KM/H il est freiné par une rampe symétrique en monté, puis orienté Nord ou Sud.
  • Il prend une dernière rampe d’accélération Nord ou Sud et fait à l’horizontale la dernière partie de son trajet à la vitesse d’environ 10 KM/H.
  • Arrivé à son emplacement, une buté bloque sa progression, son énergie cinétique le fait basculer d’un quart de tour et tomber de son roulement sur l’assise, proche de son emplacement final, il conserve cependant une vitesse horizontale résiduelle qui le fait riper et se coller contre le bloc précédemment posé. Cependant pour une raison évidente, il reste un espace latéral entre le bloc et la rangée déjà posée.
  • Un pousseur d’assise qui l’attendaient le presse contre la rangée existante, ce sera son ultime ajustement, il est maintenant à la place où il se trouve encore aujourd’hui.
  • L’assise moyenne fait 170 m de base, le trajet moyen du bloc sur l’assise fait la longueur d’une demi base donc 85 m son temps de trajet est de 40 s plus 20 s de manutention,
  • Il reste donc 300 s à l’équipe de calepinage pour poser le bloc et préparer la réception du bloc suivant, tout en continuant à vider les sacs de sable dans les trous et faire retourner le roulement vers la cage du monte charge.
  • Le lest déjà mis de coté à la sortie du monte charge sera renvoyé au parvis avec le roulement sur les prochaines descentes du monte charge sur ordre du responsable des oscillations, les opérateurs attendent près de l’orifice de la cage l’ordre de monter sur le plateau en chargeant plus ou moins de lest avec eux.

Parement:

Ils sont posés avant les blocs de remplissage, en commençant par poser les angles, puis en remontant vers le centre des faces est et ouest, par les quatre équipes de calepinage d’assises.

Le mode opératoire pour le voyage sur l’assise et le basculement du bloc en phase finale est le même que pour les blocs de remplissage.

Contrairement aux blocs de remplissage, les blocs de parement on des joints parfaitement plans et  qui reçoivent un mortier, le mortier sur la face du bloc arrivant qui va se plaquer sur le bloc précédent a été apposé soigneusement juste avant le départ du bloc vers la pyramide, le mortier sur la face adjacente du bloc déjà posé a été apporté sur l’assise, il y en a une couche très mince.

Le processus de pose du bloc de parement diffère très peu du processus de pose du bloc de remplissage en ce qui concerne son transport sur l’assise et son basculement à l’arrivée, suivit d’un ripage au sol qui a lieu toutefois sur du mortier.

Emporté par son élan le nouveau bloc plaque avec force sur le bloc précédent en écrasant la couche de mortier sous la pression, d’abord de la chute pour la face  horizontale, puis du choc pour la face verticale.

Mais par sécurité, le bloc a été posé en retrait de la face de quelques centimètres, le pousseur d’assise va lui faire gagner son emplacement exact à moins d’un mm près, car il peut exercer une force suffisante pour bouger le bloc et être arrêté par une butée sur l’assise pour la précision.

Avec l’expérience de l’opérateur du pousseur, comme la force exercée est maximum à l’approche du sommet de l’oscillation, il peut contrôler son mouvement à la volée, avec précision et sécurité. S’il est facile de pousser le bloc vers l’extérieur, pour le faire rentrer dans l’assise en cas de dépassement est d’une autre difficulté!

Une fois les faces Est et Ouest complètes, les blocs de remplissage seront posés par rangées parallèle à ce muret que forme le parement. Les blocs du parement des faces nord et sud, seront posés, comme première pierre de chacune des rangées de remplissage.

Maçonneries des volumes internes:

La maçonnerie des volumes internes engage très peu de blocs à poser, mais avec beaucoup de soin et de précision, même pour la construction du soubassement, car de la qualité du soubassement dépend la stabilité des volumes.

Les chambres basse et haute sont conçues étanches à l’air, toute fissure risque de ruiner l’ensemble du projet, c’est ce qui a failli arriver dans la chambre haute.

Il est probable que le raccordement entre les blocs de remplissage et la maçonnerie centrale des volumes ait été réalisé par par endroits avec un joint de sable, pour éviter des contraintes néfastes dues à la médiocre qualité des faces des blocs de remplissage.

Compte tenu du faible volume et du travail en temps masqué, des méthodes de manutention plus traditionnelles seront mises en oeuvre, ce qui n’empêchera pas l’utilisation de pousseurs à pendule.

Traitement des mégalithes sur l’assise

Calepinage des assises

A moins de démonter complètement la pyramide, ce qui j’espère n’arrivera jamais, on ne connaîtra jamais le calepinage exact des assises de la pyramide.

Ce qui est arrivé à la pyramide de Meidoum exprime très bien les conséquences désastreuses d’une conception incorrecte des assises.

Le peu que l’on en voit dans la pyramide montre deux choses, un soucis de décaler les blocs dans leur empilage en hauteur et un grand désordre dans les dimensions des blocs sur une même assise.

 

KheopsCavité 80mPour n’en montrer que deux exemples ci dessous:

 

 

 

 

Kheops-Assises

Mes constatations sont:

  • La seule dimension rigoureuse des blocs sur une assise donnée était la hauteur, les autres dimensions pouvaient varier dans de grandes proportions.
  • La forme parallélépipédique des blocs était assez grossière, ils ont été taillés « à la va vite » et non repris pour être ajustés.
  • L’empilement reste approximatif, les joints sont parfois assez bien ajustés sur les blocs qui sont juste derrière ceux du parement, mais très grossiers quand on s’enfonce dans la pyramide.
  • Toutes proportions gardées, cet assemblage fait penser à ceux que l’on trouve dans les murs en pierres sèches, empilage soigné et « savant », juste pour que ça tienne.

Cette diversité des blocs assemblés, rend peu probable un montage des assises au fil des sorties des blocs des carrières, devant la difficulté de manutention due à la taille des blocs, il fallait poser le bon bloc au bon endroit du premier coup.

Il fallait donc avant que les blocs soient envoyés vers la pyramide qu’ils soient classés dans le bon ordre pour s’empiler correctement, en respectant un chaînage horizontal.

Pour faire cela, il fallait donc deux stocks tampons dont la capacité de stockage soit de un jour de montage chacun, celui du jour en cours de montage et celui de lendemain, soit environ 400 blocs par stock

Le stock du jour alimente le monte charge, le stock de lendemain reçoit les blocs de la carrière.

Dans le stock du lendemain l’équipe de calepinage de l’assise du lendemain utilise un dispositif qui lui permet de sélectionner et d’orienter les blocs venant des carrières vers 4 lignes de stockage, une par équipe sur l’assise,  dans laquelle ils sont empilés par ordre de passage.

En étudiant l’extraction des blocs, on constate que pour 3 blocs taillés on récupère un peu plus que le volume d’un bloc en déchets de taille qui ici ressemblent à du sable fin.

Ce sable doit être réintroduit dans la pyramide en laissant en moyenne, la place d’un bloc vide, tous les 3 blocs.

Mais si l’on peut poser un bloc solide sur une autre bloc, pour faire tenir le sable, il faut le verser dans un trou, donc le sable doit être déposé, non pas sur l’assise en cours, mais dans l’assise précédente.

Ces trous donnent au responsable du calepinage, l’opportunité de faire des rattrapages facilement pour conserver le principe du décalage des blocs afin de constituer des chaînage parasismiques horizontaux, mais aussi de lier verticalement les assises, par de nombreuses colonnes de sable pour obtenir un chaînage parasismique vertical.

Remplissage des assises

 

Les cinq premières assises

Configuration initiale:

Le choix du site de la pyramide fut un point stratégique du projet, construite pour tenir jusqu’à la fin des temps, la pyramide devait être sur un terrain qui soit stable, hors de portée des caprices du Nil, sur une base solide dont une partie pouvait être intégrée dans le monument et avec à proximité des carrières de pierre, pas trop dure, mais suffisamment résistantes pour en extraire les blocs de remplissage, et bien évidemment situé à l’Ouest du Nil vers le soleil couchant.

Le plateau de Gizeh offrait toutes ce caractéristiques, l’emplacement de la pyramide fut choisi à un endroit ou un petit tertre présentait déjà un commencement:

L’image ci-dessus montre tout le relief qui dépasse le plan de la base de la pyramide, ce volume servira de première carrière pour l’obtention des blocs, car aujourd’hui il a complètement disparu.

On peut supposer que le calcul de devers des architectes avait fait en sorte que le volume du monticule corresponde au volume des premières assises de la pyramide

 

C’est à dire  que la matière extraite de la colline permette d’extraire toutes les pierres formant les cinq premières assises.

Pourquoi cinq?

Ce chiffre est déduit des mesures de F.Petrie qui donne un socle central de hauteur 6.1 m par rapport à la base, et une somme des hauteurs de 5 premières assises arrivant à 6.1 m,  la base de ce moignon central étant un carré de 170 m de coté, soit un volume de 93 300 M³ soit 4% du volume de l’ouvrage terminé.

Mais surtout cette forme ancre solidement s’ouvrage sur le plateau en cas de séisme.

Il fallait donc tailler les blocs de remplissage de ces assises dans la colline initiale, et les stocker quelque part pour ensuite les réintégrer dans la pyramide.

L’examen de la topologie du plateau, montre à l’évidence que le meilleur endroit pour ce stockage était  au sud de la pyramide.

Le premier travail à engager a été de positionner exactement la base de la pyramide ce qui n’est pas possible sur un terrain non plat.

Pour ce faire, ils auraient pu bâtir en brique crue deux murs provisoires à 90° sur la colline, présentant une surface horizontale bien plane et une orientation déjà correcte.

Les cotes nord et Est étant les plus favorables car les plus bas en altitude.

 

A partir de cette surface bien plane, tracer exactement les deux cotés de la pyramide et commencer à creuser deux tranchées, jusqu’au niveau choisi pour la base.

A partir de là le coin NE de la pyramide étant fixé, on pouvait tracer les coins NO et SE avec précision.

Il faut comprendre que pour faire ces terrassements, les constructeurs en fait extrayaient des blocs, c’est beaucoup moins cher que de transformer la roche en poussière et la pyramide avait besoin de ces blocs.

Le problème maintenant est de savoir où poser les blocs qui vont être extrait de la colline initiale qui est la première carrière, car la pyramide n’est pas prête à les recevoir et le terrain tout autour du périmètre de la pyramide n’est pas plat, ni à la bonne hauteur.

Quel volume de stockage pouvait-on anticiper?

On peut s’en donner une idée en assimilant la colline initiale à un cône englobant toute la base de la pyramide, soit un diamètre de 320 m et englobant à 6 m de haut toute la surface du moignon soit un diamètre de 127 m, ce qui lui donne une hauteur de 10 m, son volume sera de 268 000 M³.

Le volume des 5 premières assises est la différence de volume entre la pyramide initiale moins le parement et une pyramide de 139 m de haut soit 298 000 M³, le déficit de roche sera de 30 000 M³, le tertre apporte donc 90% du volume des 5 premières assises.

La réalisation des 5 premières assises va donc ressembler en quelque sorte au jeu de cartes « freecell » combien de cases supplémentaires pour poser les blocs extraits en attendant de les replacer, avec le minimum de manutention?

Je laisse les spécialistes des analyses combinatoire avec ce problème, ce qui est sûr est qu’il faudra une surface de stockage intermédiaire à coté de la pyramide et que cette surface soit au niveau de la base, quand rien sur la plateau à ce moment n’était ni plat, ni au bon niveau.

Il est très probable que pour régler ce problème les constructeurs aient bâti en briques crues, une plate forme de stockage provisoire dans la partie SE du plateau qui est grande et plus basse que le niveau de la base de la pyramide, pour se donner un espace de dégagement permettant le terrassement dans la roche d’une surface horizontale probablement en partie sud pour commencer.

Ce terrassement fera par la suite partie du parvis de la pyramide et provisoirement une aire de stockage provisoire des blocs dégagés par la taille de la colline initiale, avant qu’ils y retournent définitivement.

En l’état au delà de ce principe, il m’est impossible d’aller dans plus de détail.

C’est dans cette phase qu’a été creusée la galerie d’accès des pierres au centre de la pyramide démarrant au centre de la base Est et au niveau zéro, ainsi que le bas de la chambre de chargement au centre de la pyramide et au niveau +3, la galerie descendante et la grotte souterraine, une partie du « puits de service », le cylindre du premier étage du monte charge et le fond du cylindre du deuxième étage.

Les blocs stockés au niveau zéro, devaient à un moment ou un autre retourner s’entasser dans les 5 premières assises, il fallait pour cela pouvoir les élever.

Pour remplir la première assise, l’élévation ne devait être que de quelques décimètres pour lancer ceux-ci sur une rampe en direction de leur destination finale sur l’assise qu’ils atteignaient alors à une vitesse suffisante pour basculer, grâce à la vitesse acquise, et y prendre place. Pour les autres assises il en était de même en rajoutant la hauteur des assises précédentes.

Les fosses sud dans lesquelles on a trouvé les « barques solaires » situées de façon symétrique de part et d’autre du centre de la pyramide, dont leurs centres sont espacés de 120 m ont naturellement pu être utilisées pour contenir de l’eau et des des flotteurs élévateurs suivant le principe mis au point lors de la construction de la pyramide de Saqqarah.

Je n’ai pas réussi à trouver la profondeur de ces fosses sud?

Il semblerait d’après les photos qu’elle soit de l’ordre de 6 à 8 m

Leur section horizontale de 32.5 × 4.8 m, il est possible que plusieurs flotteurs plus petits, aient pu y prendre place.

Les blocs de remplissage connus, ne dépassaient pas à ce niveau une douzaine de tonnes, un flotteur de 24 M² de section aurait pu les élever.

Cependant on trouve dans la pyramide des linteaux d’environ 20 t situés dans les 5 premières assises au niveau du début de la galerie ascendante, ces blocs ont été extraits du plateau de Gizeh, ils devaient donc trouver au moins un flotteur capable de les élever.

Le fait que l’on ait trouvé dans dans ces fosses sud des embarcations usagées, peut bien faire partie du scénario de diversion appliqué par ailleurs…

Les fosses Sud n’auront plus d’utilité fonctionnelle du moins pour l’élévation des blocs, à la fin du montage des 5 premières assises, quand le premier étage du monte charge central entrera en service, car alors l’accès à la pyramide se fera par la face orientale et les blocs venant du plateau seront pré-élevés par la fosse située au SE.

Ainsi la colline initiale aura été la première carrière alimentant la pyramide en pierres de remplissage.

Par la suite le terrassement du parvis de la pyramide sera le prochain fournisseur en pierres de remplissage.

Il est quasi impossible d’en évaluer le volume exact, puisque le terrain initial a disparu qu’on ne sait pas dans quelles limites l’excavation Ouest aujourd’hui visible a été utilisée par la pyramide de Chéops.

Il est possible qu’à la fin, les carrières que l’on connait au SE du plateau aient été utilisées pour fournir les dernières pierres de remplissage.

L’achèvement des 5 premières assises, marque le début de la mise en service du premier étage du système d’élévation des blocs dans la pyramide.

 

Accès à la pyramide

 

Accès à la pyramide

Avant de monter sur le plateau du monte charge situé au centre de la pyramide, les pierres ont toutes faites un trajet d’approche de 900 KM pour les granites, 20 KM pour les pierres de parement et 400 m pour les pierres de remplissage.

Les pierres se trouvent très proches de la base de la pyramide, mais au niveau zéro, il faut encore les élever au niveau 5 m qui est le niveau du plateau du monte charge, ce qui n’est pas rien pour des millions de pierres et des mégalithes de 65 t.

Le site de la pyramide lui même nous donne l’indication de la solution utilisée.

On ne compte pas moins de 5 grandes fosses à proximité de la pyramide:

  • Deux sur la  face sud dont les centres sont espacés d’environ 120 m, dans les quelles on a trouvé deux embarcations démontées.
  • Deux sur la face Est à 33 m environ de la base de la pyramide dont l’axe est parallèle à la base Est et dont les centres sont espacés d’environ 120 m.
  • Une située un peu plus loin à l’est orientée dans le sens de la chaussée d’accès dont le centre est à 90 m environ de la base de la face Est.

Les fosses Est sont très semblables, environ 50 m de longueur, 7 m de largeur et 6 à 8 m de profondeur.

Ces fosses sont appelées fosses à barque par le « consensus » en référence aux barques trouvées dans les deux fosses sud.

Mais je suis d’accord avec cette appellation, car je pense qu’elles auraient pu contenir des embarcations spéciales, des flotteurs submersibles, comme dans la pyramide se Saqqarah, pour élever les blocs d’une hauteur de quelques mètres, les posant sur la plate forme d’accès à la galerie d’entrée dans la pyramide.

La fosse la plus orientale parallèle à la chaussée va devoir soulever le plus gros mégalithe pesant 65 t.

Mais où est l’entrée de la pyramide?

Quand on regarde attentivement la face Est de la pyramide à l’aide de Google Street, on trouve cette disposition en son centre: (information mondialement accessible)

EntréeFlèche

J’y trouve ceci:

Entrée-Porte

Sur 3 niveaux les blocs sont empilés verticalement les uns au dessus des autres sans décalage et forment un couloir de 3 assises de hauteur, soit 1.49 + 1.24 + 1.22 = 3.96 m et 2.1 m de largeur. ( les hauteurs d’assises sont prises dans les mesures de F.Petrie), avec au milieu une hauteur supplémentaire de 1.12 m sur une largeur de 1.2 m

On peut observer sur la droite un bloc gris taillé sur deux assises, chose exceptionnelle dans la pyramide et encore plus exceptionnel au niveau de la base, un bloc en bas à gauche de l’entrée qui au lieu de faire 1.49 m de hauteur ne fait que 0.55 m, un autre bloc repose sur lui qui dépasse le niveau de l’assise, lui même supportant un autre bloc moins haut qui permet de retrouver avec  trois empilages, le niveau de deux assises.

Mais ce n’est pas tout, il y a sous le deuxième bloc en hauteur à droite trois petites pierres pour ajuster son niveau en hauteur.entrée-1-Détails

Tout ça ressemble à du remplissage, pas à la rigueur constructive que l’on retrouve partout ailleurs dans la pyramide au niveau de la base!

Sur la photo on a du mal à situer les blocs de la cinquième et sixième assise qui ont été bien massacrés, il faudrait aller analyser sur place ce qu’il en est exactement.

linteau0

A ce niveau on n’a pas encore besoin de linteau, puis qu’étant au bout de l’assise, à part le bloc du parement, il n’y a pas de charge au dessus.

Sous réserve de vérification au niveau de la cinquième et sixième assise il semble bien qu’on ait à faire à la véritable entrée de la pyramide, qui avec une section de 6 x 2.1 dans la roche initiale, plus un couloir de même largeur dans la sixième et la septième assise, donne une section de 8.06 x 2.1 m capable de recevoir tous les blocs, même les plus gros mégalithes redressés, qui présente sans leur dispositif de roulement une section dont les plus encombrantes font de 1.74 x 6.3 m ou 1.5 x 7.03 dans l’entrée.

On ne sait pas en cet endroit de la pyramide où commence le rocher original, il se peut donc que l’on ait sur une certaine profondeur d’enfoncement horizontal dans la pyramide, la répétition de cette disposition:

entrée1-special

qui interrompt le décalage des blocs de remplissage qui forment un chaînage, afin de présenter un mur vertical à parois alignées, puis on devrait trouver rapidement, pour donner un toit à la galerie, l’apparition, d’abord de linteaux, puis au bout d’une certaine longueur quand la pression des pierres le justifie de doubles toits semblables à celui de l’entrée nord.

A l’endroit de cette ouverture, le parement de la pyramide n’a pu être terminé qu’après l’inhumation du roi et le colmatage de tous les volumes intérieurs compromettants. Sans étudier précisément cet emplacement on ne peut savoir à priori quelle a été la stratégie de fermeture définitive de la pyramide.

Pour apporter la preuve irréfutable que l’on a bien à faire ici à la véritable entrée rebouchée, de la pyramide, il faut trouver le premier linteau.

Et pour ça obtenir la permission d’enlever quelques pierres, ce qui sera plus facile à faire qu’obtenir l’autorisation de le faire!

Première élévation des blocs:

Se pose maintenant la question, pourquoi élever les blocs sur une plateforme d’attente en hauteur, quand le niveau d’entrée est sur la base?

La réponse vient de la construction des 5 premières assises, il fallait un dispositif extérieur d’élévation des blocs pour les amener successivement aux niveaux 1.49 puis, 2.74, 3.96, et 5.08 m.

Mais il fallait ajouter à ces valeur une surélévation d’environ 50 cm pour lancer les blocs posés sur leurs roulement sur une rampe afin de premièrement leur faire gagner leur emplacement définitif, mais aussi les faire basculer pour leur faire quitter sans effort leurs dispositif de roulement.

Il reste sur le parvis de la pyramide, la trace de ces élévateurs, qui sont ce que le consensus nomme les « fosses à barques solaires ».

Sur le même principe que celui appliqué dans la pyramide se Saqqarah, ces fosses étaient remplies d’eau et recevaient des flotteurs submersibles capables d’élever les blocs.

Comme cette question personne jusqu’à présent ne se l’ai posée, les archéologues professionnels ou amateurs n’ont pas étudié attentivement le sol de ces fosses pour en connaître la profondeur originelle, les informations précises manquent. Aujourd’hui on doit y trouver pas mal de sable et de gravats au fond.

Néanmoins la forme allongée et étroite de la section horizontale de ces fosses est tout à fait appropriées à la fonction de puits élévateur à flotteurs coulés.

Ainsi à l’emplacement de ce qui fut plus tard le temple d’en haut, qui est représenté aujourd’hui  par un pavement en basalte bien dégradé, devait se tenir une plateforme provisoire à 5.5 m de hauteur environ, adjacente au moins aux barques solaires les plus orientales.

Cette plate forme se prolongeait par une rampe donnant sur l’entrée de la pyramide.

Posés sur leurs roulements, les blocs dévalaient cette rampe pour parcourir les 110 m de la galerie d’accès, pour y être ralentis par une rampe montante de même hauteur afin de se présenter à vitesse nulle, devant le pas de chargement

 

Dévalant la plateforme de chargement, les blocs entraient donc dans la pyramide à la vitesse de 37 KM/H et mettaient 12 s pour arriver au seuil de chargement.

On comprend mieux ici, la nécessité d’un système de mobilité des blocs à rouleaux très performant.

 

 

 

 

Objectif du chantier

Le roi, vient de monter sur le trône d’Egypte à 40 ans, ce n’est plus un poulet de l’année, il a participé avec ses 3 frères à l’administration du royaume, probablement a-t-il fait partie des expéditions de son père Snefrou au Liban et dans le Sinaï.

Aîné de la fratrie, il était destiné à hériter du royaume, son frère cadet Néfermaât premier vizir y avait des fonctions importantes, peut être y a-t-il eu comme souvent des rivalités pour avoir droit à l’éternité? Peut être a-t-il eu à « jouer des coudes » pour conserver sa primauté? On ne le saura jamais.

D’après les égyptologues il avait 10 ans quand son grand père Houni a été inhumé dans sa pyramide que jeune enfant il a vu se terminer, il a été témoin de A à Z de la construction de la pyramide rouge dans laquelle il vient d’enterrer son père Snefrou.

Il a reçu l’éducation d’un roi et donc initié à tous les secrets du savoir du moment, il sait ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, il connait toute l’équipe des savants et ingénieurs qui a fait la pyramide de son père, il y a de grandes probabilité qu’à son accession au pouvoir, les plans de sa pyramide étaient déjà plus qu’ébauchés, son emplacement repéré, la logistique d’approvisionnement en bois, en cuivre en pierres précieuses était déjà en place pour la pyramide de son père, il n’a plus qu’à « mettre les pieds sous la table », le repas est servi.

Dans sa famille on a une vie saine, on vit longtemps pour l’époque, néanmoins à 40 ans il sait qu’il doit faire vite pour construire sa pyramide, nul n’est à l’abri d’un abcès dentaire ravageur, ou d’un mauvais accident de chasse, la pyramide doit se construire vite.

On nous dit qu’il a choisi Hémiunu, fils de Néfermaât son frère cadet pour architecte, son demi-frère Ankhaf comme responsable du projet, tous deux plus jeunes que lui et probablement plein d’énergie.

Cependant Hémiunu ne survivra pas à la pyramide, il rend son dernier souffle dans la dix neuvième année du règne de Chéops et la pyramide n’était  pas encore terminée si l’on en croit le déchiffrage par P.Tallet des papyri trouvée sur le site du Waadi el Jarf ancien port sur la mer rouge de la logistique d’approvisionnement en cuivre et pierres précieuse de « Aket Khufu » l’horizon de Chéops, nom donné alors à cette pyramide.

D’après P.Tallet, ces documents témoignant d’une activité d’approvisionnement en pierres de Turah du chantier, date des dernières années du règne, c’est donc que la pyramide n’était pas encore terminée.

Ainsi, 20 ans pour la durée de construction de la pyramide est admissible.

Dans mon étude l’objectif du chantier est de terminer la pyramide en 20 ans.

Cependant, les opérations d’extraction et de montage des pierres de construction, ne viennent pas le lendemain de la décision de commencer le chantier, il a fallu passer du temps à choisir le site analyser sa géologie pour valider les carrières, sonder le socle rocheux pour s’assurer de sa stabilité, passer des ébauches de plan, aux plans finaux, parachever et terminer les calculs des monte charges qui innovent par rapport à ceux de papa, faire des maquettes, des prototypes, tester, corriger.

Très vite il a fallu mettre en chantier la construction de la ville des bâtisseurs, sa logistique d’approvisionnement avec son port, la liaison avec le Nil, le canal, les écluses.

Passer du dossier final de conception, au dossier de fabrication, non seulement de la pyramide, mais aussi des outillages, puis réaliser les outillages, les tester pour passer à la fabrication en série.

Puis il a fallu tracer le premier sillon qui délimite la base de la pyramide, tailler la petite colline qui couvre alors ce site, pour à la fois en extraire les premiers blocs, ceux de la base, les plus gros, ce qui pour mon étude est le point de départ des opérations de fabrication et montage des blocs en série proprement dite.

J’évalue la durée de cette phase à 1/3 du délai total de 20 ans.

Il restera donc 5 000 jours pour fabriquer la pyramide elle même.

De façon arbitraire, je prends 12 H de travail par jour, la durée moyenne du jour dans l’année sous le trentième parallèle, et considère que le chantier travaillait 365 jours par an, allouant ainsi 60 000 heures au chantier pour fabriquer cette montagne de pierres.

En faisant ainsi j’ai conscience de tout l’arbitraire de ces choix, néanmoins à +/- 3 ans près sur 20 ans, les ordres de grandeurs sont là et la nature du problème à résoudre ne change pas, seul l’ajustage fin des procédés peut être remis en cause.

Il y a dans mon étude une autre zone d’approximation, les caractéristiques physiques des pierres utilisées, qui malgré tous les travaux qui on été menés sur cette pyramide (et les autres) restent non publiées, ont elles été mesurées seulement?

La densité des pierres et leur résistance à la compression déterminent directement l’énergie à dépenser pour les extraire et les élever et ont une influence directe sur l’effectif au travail donc sur le délai.

J’ai donc été réduit à prendre pour les pierres des caractéristiques connues de certaines carrières extrayant des pierres de même composition, de même nature géologique.

Cependant les spécialistes savent bien que sur un site donné, la roche n’est pas homogène et l’on peut avoir des variations de résistance considérables d’un endroit à l’autre de la carrière et probablement encore plus d’une carrière à l’autre. Rien ne remplacera la mesure directe!

De toutes façons, toute personne ayant eu à diriger de gros projets pluri-annuels engageant des milliers de personnes (c’est mon cas) sait que tout projet a ses aléas, celui de cette pyramide aura eu les siens qu’on ne connaîtra jamais.

Donc 5 000 jours , 60 000 heures pour la durée de la phase d’extraction et montage de blocs.

Pour les calculs en grand nombre, il est d’usage de passer par la notion de bloc moyen, qui est une abstraction, mais qui permet d’appréhender les grand nombres de façon concrète.

Que prendre pour bloc moyen dans cette pyramide?

F.Petrie qui a fait un travail admirable de mesures dans cette pyramide a établi toutes les hauteurs des 201 assises encore présentes qui constituent la pyramide:

Il en résulte que le bloc moyen devrait avoir une épaisseur de 0.7 m, prendre un volume de 1 M3 semble raisonnable, donc pour la suite je donnerai à ce bloc les dimensions suivantes hauteur 0.7 m longueur 1.3 m, largeur 1.1 m, volume 1 M3, poids 2.4 t.

La pyramide est constituée de 4 parties essentielles, le socle, le remplissage, le parement et la maçonnerie des chambres et couloirs.

En terme de volume, cette dernière partie sera assimilée aux pierres de remplissage, cela est une approximation qui simplifie les calculs sans dénaturer la réalité.

Pour le parement qui est la « peau » de la pyramide, je prends une épaisseur de 2 m à la base et 1 m au sommet, ce qui donne une volume de peau de 106 000 M3 à retirer du volume total et a considérer séparément, car objet d’un processus différent, les carrières étant 20 KM plus au sud du plateau de Gizeh au bord du Nil.

Enfin le socle a été évalué par Petrie à 6 m de hauteur par rapport à la base et mesurant 140 m de coté, il se retire des pierres à extraire et à monter.

Il en résulte 2.4 millions de M3 pour les blocs de remplissage, soit 2.4 millions de blocs et 100 000 blocs de parement.

C’est évidemment le nombre de bloc de remplissage qui dimensionnent l’essentiel de l’effectif à mettre au travail pour les extraire et les monter.

Le rythme moyen sur 5 000 jours sera donc de 480 blocs par jour de 12 h donc 40 blocs à l’heure, un bloc toutes les 90 s.

Ce rythme sera l’objectif moyen de production du chantier.

Je vous propose maintenant de passer en revue les hypothèses de mon étude