Sphère de protection

De façon triviale, la pyramide est un moyen d’entourer d’une chambre mortuaire du plus de pierres possible pour la protéger d’un accès extérieur et non pas d’entasser des pierres au dessus d’une chambre accédée par un couloir mal défendu qui systématiquement a été violée.

Une façon de qualifier la « qualité » de cette protection est de mesurer le rayon de la sphère inscrite dans la pyramide, la chambre mortuaire située au centre de cette sphère est le lieu de la pyramide le plus protégé des atteintes extérieures.

La forme pyramidale est une alliée de la forme sphérique en ce sens qu’elle met le plus de pierres en bas,  là où des intrus peuvent mettre le plus de moyens, ceux-ci diminuant au fur et à mesure qu’on s’élève. Créant un niveau de protection homogène quel que soit l’angle d’attaque.

De plus le fait de passer de faces à degrés à faces lisses tout en augmentant la hauteur rend d’autant plus difficile une pénétration par le point où l’épaisseur de pierre est la plus faible.

Plus ce rayon est grand, meilleure est la protection.

J’ai évalué le coût de cette protection pour chaque pyramide, le prix d’une pyramide est celui de la main d’oeuvre puisque les matériaux sont déjà la propriété du roi, la main d’oeuvre coûte une ville, une logistique d’approvisionnement en eau et en nourriture, de l’administration, de l’encadrement et des soins voire des distractions.

Le prix de la main d’oeuvre et exactement proportionnel à l’énergie consommée par le processus de construction, il n’y avait pas à l’époque d’énergie fossile pour y suppléer.

Le prix énergétique de la pyramide est l’addition du prix d’extraction des pierres des carrières et du prix de leur élévation dans la pyramide.

La taille des pyramides s’est accrue principalement par l’augmentation de volume du bloc moyen, la quantité de ces blocs restant à peu près la même = 2.5 millions.

Le prix d’extraction d’une pierre n’est pas proportionnel au volume du bloc, mais au volume de la tranchée qui permet de détourer le bloc dans le banc de taille.

Connaissant la méthode utilisée pour l’extraire, on peut faire ici l’approximation suivante: La surface à tailler est celle de la face d’un cube qui fait le volume de la pyramide divisé par 2.5 millions.

Le volume du sillon est cette surface multipliée par sa largeur, on prendra ici 15 cm. Le prix énergétique est ce volume multiplié par le chiffre 11, lequel est l’énergie consommée en KWH pour désagréger 1 M3 de calcaire.

On aura retenu du chapitre ressources humaines l’équivalence 1 KWH = 1 jour x homme

Le prix énergétique d’élévation des pyramides est plus facile à calculer, c’est le prix d’élévation du même bloc moyen au centre de gravité de la pyramide multiplié par le nombre de blocs, c’est donc proportionnel à: volume total x densité du calcaire x hauteur/4.

La somme des deux est exprimée dans le tableau ci-dessous en millions de jours x hommes.

Tout cela est approximatif mais va permettre de comparer les performances des différentes pyramides

Que constate-t-on :

Base x Hauteur Coût Energie Millions x JH Rayon sphère m E/R %
Saqqarah

121 x 109 x 62

0.87

25

3.9

Meidum

144 x 92

1.76

35

5

Rouge

219 x 104,4

3.45

43

8

Rhomboïdale

190 x 104

2.82

44

6.4

Chéops

230 x 146

4.85

55

8.8

Khéphren

215 x 137

4.2

52

8

Mykérinos

104 x 65

0.88

25

3.5

Lecture du tableau:

La pyramide de Saqqarah aurait coûté 870 000 jour x homme pour 25 m de rayon de protection du roi, soit 39 000 jour x homme par mètre

La pyramide de Chéops aurait coûté 4 850 000 jour x homme pour 55 m de rayon de la sphère de protection soit 88 000 jour x homme par mètre,2.25 fois plus que Saqqarah.

Le mètre de sphère de protection est un luxe coûteux!

Si les outils et méthodes utilisées pour construire ces pyramides avaient eu un rendement énergétique de 1, alors 1000 ouvriers auraient construit:

  • la pyramide de Chéops en 13 ans
  • celle de Djoser en 2 ans et 4 mois!

Les chiffres sont très approximatifs, mais les ordres de grandeurs sont justes!

 

Le minimum du volume pour un rayon donné aurait été obtenu pour un angle de 60°, mais alors la pyramide de Chéops aurait mesuré 170 m de hauteur pour une base de 195 m, les constructeurs se sont limités autour de 52° ce qui rend la pyramide moins haute et plus stable pour seulement une accroissement de 3% du volume.

 

L’angle choisi dans la pyramide de Chéops donne ce fameux rapport 14/11 de la hauteur avec la demi base.

Valeur qui a fait couler beaucoup d’encre car le cercle qui a pour rayon la hauteur fait le même périmètre que la base avec une très faible marge d’erreur.

Mais cet angle a d’autres propriétés intéressantes que personne n’a encore remarqué à ma connaissance.

sphèresDjoser-Chéops

A cet égard, la pyramide de Mykérinos est remarquable, sa face nord a fait l’objet d’une première attaque sous la forme d’un profonde entaille que certains attribuent aux hommes du sultan Malik al-Aziz au XII° siècle.

w896ix
Crédit Djedefre forum ddchampo.com

Ce qui apparaît moins est que l’archéologue britannique Vyse a profité de cette entaille pour creuser à 25 m du sol un tunnel dans la pyramide, tunnel qui s’enfonce horizontalement, puis plonge en direction de la chambre en sous-sol dont il en fait la découverte.

Il s’en est fallu de quelques mètres seulement pour que Vyse « tombe » sur le « vrai » complexe mortuaire de Mykérinos, car 25 m est justement le rayon de la sphère de protection de cette pyramide!

Voilà une belle opportunité pour les archéologues!

 

 

Complexe mortuaire

3EtagesMonteCharge-CM

Le complexe mortuaire de Chéops ne présente aujourd’hui aucune trace directe de présence dans la pyramide, si ce n’est l’image floue délivrée par la « radiographie  » aux muons du projet « Scan Pyramid ».

Sa présence est trahie de façon indirecte par deux particularités de la pyramide:

.La niche de la chambre basse qui a fait de la chambre basse une antichambre provisoire donnant sur le puits d’accès au complexe.

. L’empilement de mégalithes sur la chambre haute

Pourquoi donc cette énorme structure faite de mégalithes de granite au dessus du plafond de la chambre haute?

  •  Pour la résistance à l’écrasement par le poids de la pyramide rien ne justifie cette superstructure, le petit toit compact de la chambre basse qui a 20 m de pierres en plus de pression a très bien tenu.
  • Rien ne la justifie non plus au plan de l’hydraulique.

Quand les murs de la chambre haute ont été posés, l’altitude de l’assise est 49 m et il y a face au déboucher de la cage qui amène les blocs, la grande galerie en cours de terminaison, elle fait encore un grand trou de 27 M² sur  la surface de l’assise, ce trou aurait empêché de poser les chevrons nord du toit de la chambre haute si l’on avait voulu fermer le volume de la chambre haute directement par les chevrons, comme ce fut fait pour la chambre basse. Ce n’était pas une erreur de conception de la chambre haute, mais la mise en oeuvre d’un plan visant à construire le complexe mortuaire.

Car la pose des chevrons à cet endroit aurait donné un relief à l’assise et les constructeurs avaient besoin entre la cote + 52 m et la cote +60 m d’une assise bien plane pour construire le complexe mortuaire.

Le seul moyen pour satisfaire ce besoin était de rehausser les chevrons du toit au dessus de la cote + 60 ce qui fut fait par cet incroyable empilage de mégalithes.

Il y avait conflit réciproque entre les deux constructions, chambre haute et complexe mortuaire.

Chacune des deux constructions se partageant la cage de l’ascenseur du premier étage.

Les mégalithes de la chambre haute dégageaient vers le sud à leur arrivée sur l’assise pour rejoindre leur logistique de pose, les blocs du complexe mortuaire dégageaient vers le nord avec leur logistique de pose. Ainsi les deux constructions pouvaient s’élever en même temps sans se gêner.

Il est évidemment impossible pour le moment de parler de la construction du complexe mortuaire, l’information sur celui-ci manque totalement!

Cependant on peut se douter que l’architecture du complexe mortuaire obéit aux même règles de construction que les chambres connues.

D’abord une antichambre qui donne sur la cage d’accès, dans une position symétrique à celle de la chambre basse, possiblement identique à la chambre basse, en position centrale cette antichambre se place juste au dessus du toit de la grande galerie et le conduit oblique nord de la chambre haute (conduit de « ventilation ») a du être déplacé de 4 m vers l’ouest pour ne pas la « percer ».

Puis la chambre mortuaire proprement dite de construction semblable à celle de la chambre haute en granite avec des joints étanches car éternité ne rime pas avec humidité, cette chambre étant accédée par un corridor de liaison avec l’antichambre, corridor sans doute obturé de façon étanche par un monolithe après l’inhumation. Il y a peut être des chambres complémentaires contenant du mobilier funéraire?

Cependant une chose me paraît certaine, il n’y a que 8 m entre la cote 52 et 60, les toits de l’antichambre et de la chambre mortuaire, sont forcément au même niveau et s’ils sont au même niveau ils ne peuvent pas être cote à cote car alors ils se seraient mutuellement gênés pour être posés car il n’y a pas l’espace pour surélever un toit.

Ils sont donc plus ou moins dans le prolongement l’un de l’autre.

Quelle orientation pour le faîte? Forcément nord-sud.

Pourquoi? Parce que dans l’axe nord sud, il y a sous le complexe mortuaire toute la maçonnerie de la grande galerie qui prend appui sur le soubassement rocheux, les constructeurs pouvaient donc « à l’économie » allonger le bâtiment.

Dans le sens Est-ouest il aurait fallu depuis la base monter une maçonnerie sur 52 m de hauteur spécialement pour le complexe mortuaire.

C’est ce que confirme l’image de « scan pyramid » avec son « big VOID »

cheopscomplexe

Donc toute la complexité de gestion des mégalithes, n’était pas justifiée par le fait de construire la chambre d’alimentation en eau d’un ascenseur, mais par la construction du complexe mortuaire du roi juste à à coté.

Niche de la chambre basse

Chambre des herses

Herses et sarcophage factices

Talon d’Achille ?

Talon d’Achille?

La pyramide est une forteresse qui signale le roi et le protège pour l’éternité, à ce jour elle s’est révélée 100% efficace sur toutes les 7 grandes pyramides.

Aucun roi n’a été dérangé, car c’est une double cuirasse qui les protège une couche physique additionnée d’une couche psychologique toutes deux très bien conçues et dont la mise en oeuvre a été quasi parfaite.

Mettons nous à présent dans la peau de « Indiana Jones » missionné par le « projet scan pyramid » pour aller découvrir le roi, là où les muons ET MON ETUDE l’ont placé.

Sachant où il est, comment accéder au complexe mortuaire de Chéops ?

 

  • Par le haut, il y a 86 m de pierres de remplissage au dessus du toit.
  • Par les cotés, il y a un tunnel de 60 m de long à creuser à l’horizontale dans les pierres de remplissage instables à 55 m d’altitude.
  • Par dessous, il faut « oublier » de passer par le puits auquel on peut aisément accéder via la niche de la chambre basse, car dans ce puits, il y a 34 m de pierres entassées à la verticale les unes sur les autres à recevoir sur la tête.
  • Directement par le plafond de la grande galerie? Comment travailler dans ce volume trop étroit dont la base est en pente 8 m plus bas, et en cassant la voûte se recevoir un éboulement de blocs sur la tête.

Le bunker du véritable complexe mortuaire est autrement mieux défendu que la chambre haute avec les 3 herses d’opérette que les constructeurs ont laissé en pâture aux futurs « visiteurs ».

La grande pyramide cependant souffre d’une faute de conception par rapport au concept de la sphère de protection.

La GRANDE GALERIE au bout de la galerie ascendante trace une route « gratuite » de 80 m de long ,de la base droit vers le bunker du roi, le sommet de cette dernière est à la cote 50 m alors que le bunker commence à la cote 55 m, un monument de 230 m de coté, 146 m de hauteur pour ne laisser que 5 m de pierre comme protection?.

Certes la voûte très haute et très étroite de la grande galerie, sorte de pyramide en creux, est un obstacle important pour qui voudrait y percer un trou au dessus de sa tête.

Mais le mur vertical à l’extrémité sud de la grande galerie est son point faible, ce d’autant plus que les constructeurs eux même l’on encore affaiblit en y creusant une galerie sans la reboucher.

Avaient-ils conscience de cette lacune? 

En mettant en place une « chambre du roi » bien plus soignée que les précédentes en taille, qualité de fabrication et qualité de protection avec en prime un sarcophage, ils ont fait leur possible pour détourner les visiteurs d’aller chercher la « vrai chambre ». Il faut reconnaître que ce subterfuge a marché et chose étrange, sans déclasser les « chambres funéraires » des pyramides précédentes bien plus grossières!

Chose plus étonnante encore, le très orthodoxe Gilles Dormion dans son ouvrage « la chambre de Chéops » a magistralement démontré le subterfuge, sans que ça mette en émoi la communauté archéologique. Le consensus faisant de la chambre haute la « chambre du roi » est en béton!

Cette forteresse aurait-elle son « talon d’Achille »?

S’il en était un, il démarrerait en haut du mur sud de la grande galerie par un tunnel étroit qui aujourd’hui encore mène à la chambre dite de « décharge » de Davison, il est à quelques mètres en hauteur et en distance du complexe funéraire.

En décaissant à la verticale sur 5 m à la sortie de la grande galerie et en creusant à l’horizontale plein nord,  5 m plus loin on tombe sur le mur de l’antichambre du haut.

Cette antichambre étant très probablement vide, devrait n’avoir de murs qu’en calcaire facile à percer pour entrer dans ce volume peut être semblable de celui de la chambre basse et donner aux nouveaux visiteurs un espace de travail « confortable » pour entreprendre le mur en granite de 1.5 m d’épaisseur du bunker royal.

Probablement que la première phase d’exploration serait un trou de quelques centimètres de diamètre pour laisser passer un endoscope, puis qui sait? plus tard un petit drone prendrait la relève…etc..

Cependant il y a un mais...

Et si anticipant sur ces tentatives de pénétration, les constructeurs avaient « noyé le bathyscaphe royal » dans une « piscine » de sable sous pression?

A 55 m d’altitude, il reste 91 m de pierres au dessus, soit l’équivalent de la pression existante dans l’océan à la profondeur de 230 m!

Les constructeurs avaient les moyens et la compétence architecturale, pour placer le « bunker » royal dans une sorte de grande piscine, de telle façon que du sable très fin, issu de la taille des pierres dans les carrières, puisse y être entassé tout autour.

Les poutres fermant la chambre haute avec une portée de 5 m ainsi que l’incroyable entassement de mégalithes au dessus de cette chambre attestent de la capacité des constructeurs à bâtir une structure gigantesque et ouverte.

Il est donc possible que ce « mur de sable » protégeant le complexe mortuaire, ait été mis sous pression en le fermant en partie supérieure, par des dalles « flottantes »  coulissant dans des puits « ouverts » remplis de sable.

Ces puits ouverts ainsi que le complexe mortuaire s’appuyant sur la maçonnerie de la pyramide partant de la base englobant la grande galerie et montant jusqu’à la base du complexe mortuaire.

Ainsi autour du bunker royal, il pourrait se trouver un mur de sable sous 23 kg/cm² de pression, faisant un volume d’environ 1000 M³, de quoi remplir intégralement la grande galerie.

On peut imaginer ce qui se passerait, si perçant dans le plafond de la grande galerie un trou même de quelques centimètres de diamètre, une équipe tentait d’accéder au plancher de la chambre mortuaire pour y passer un endoscope.

Un trou de 3 cm de diamètre avec 26 kg/cm² de pression donne lieu à une force verticale de 2 KN impossible à contenir si cela n’avait pas été prévu à l’avance. Au moment où le forêt débouche lui et la perceuse sont éjectés et échappent des mains, une douche de sable fin sous pression s’abat sur les opérateurs et les aveugle, il est temps de déguerpir et vite!

Au bout de quelques heures, la grande galerie, la galerie ascendante, et la percée Al Ma’mûn seraient remplis de sable fin et condamnées pour un bon moment!

On peut imaginer la panique si cet événement se produisait dans l’étroit boyau creusé en haut du mur sud de la grande galerie!

Le roi est bien protégé!

 

 

Herses et sarcophage factices

Sarcophage-coin

Bien que personne n’ait jamais signalé la moindre trace d’un débris de couvercle ce sarcophage présenté par le « consensus » comme ayant contenu la momie du roi, est un des objets au monde le plus photographié, mesuré, autopsié..et interprété!

  • Pour moi, lors de la construction de la pyramide ce bloc a eu la fonction de séparer le volume de la chambre haute du volume de la grande galerie.
  • Puis pyramide terminée il a été engagé de toute sa longueur dans l’entrée de la chambre haute (sans couvercle) pour la fermer en complément des herses placées dans l’antichambre.

Il fait avec les herses partie d’un scénario « diabolique » mis en place par les constructeurs pour leurrer les futurs « visiteurs », ce scénario fonctionne encore aujourd’hui à 100%. Lire la suite

Inhumation et rebouchage

Le jour de l’inhumation, le cortège funéraire en grande pompe arrive à la pyramide, venant du temple bas, par la chaussée d’accès au temple haut à l’Est de la pyramide.

Les célébrations terminées le sarcophage du roi disparaît derrière le rideau au fond du temple à l’ouest vers l’entrée de la galerie de chargement des blocs qui le conduit maintenant vers le royaume des ombres.

A l’époque de la construction, c’est un toboggan qui propulsait les pierres depuis une plateforme à 6 m d’altitude depuis disparue et remplacée par le temple du haut jouxtant la face orientale de la pyramide. Ce toboggan déversait les pierres avec une certaine vitesse initiale dans la galerie d’accès au monte charges dont le seuil de chargement était au centre de la pyramide.

Pyramide terminée, la galerie d’accès Est située au niveau de la base faisait  115 m de longueur et de l’ordre de 8 m de hauteur, donnant sur le seuil de chargement au niveau 4.5 m. Pour donner accès au complexe mortuaire, il a fallu remonter ce niveau le passant de 4.5 m à 11 m pour que le flotteur élévateur puisse en deux étapes rejoindre le niveau 55 m qui est celui de « la chambre du roi », la vraie.

La galerie d’accès passait donc du niveau zéro à la sortie du temple au niveau + 11 m à l’entrée de l’élévateur 115 m plus loin.

On ne sait si c’est à pied ou en voiture que le cortège parcours les 115 m de cette galerie parfaitement sombre, qui se termine dans la chambre contenant le pas de chargement du flotteur submersible deuxième génération qui remplace maintenant le flotteur oscillant comme élévateur.

Cette chambre exiguë est le premier lieu de rassemblement du cortège.

Ne connaissant pas le protocole funéraire des anciens Égyptiens, je ne sais si le matériel funéraire, bagages du roi dans son aller simple pour l’éternité, passait avant ou après le cortège, mais peu importe aujourd’hui.

Combien étaient-ils, une dizaine, une vingtaine?

Tout ça devait tenir provisoirement dans la chambre basse qui ne fait que 30 M², la galerie horizontale était déjà encombrée de lingots de cuivre.

Avec un plateau qui fait 8 M² pour remplir 30 M² il fallait envisager de l’ordre de 4 à 5 rotations.

… Imaginons le tableau…

Dans la salle étroite du seuil de chargement au cœur de la pyramide avec 140 m de pierres au dessus de la tête, dans la chaleur humide du lieu, éclairé par quelques lampes à huile et dans un silence religieux, seulement troublé par le chuintement du flotteur en mouvement.

A moins que les pleureuses s’en mêlent…

Avant tous ces officiels, des opérateurs discrets avaient pris place dans les antichambres basse (21 m) et haute (55 m) pour faire les manœuvres du flotteur.

Le plateau s’élève lentement et majestueusement dans la pénombre de la salle de chargement avec son premier chargement, destination la chambre basse 10 m plus haut.

Arrivés à hauteur les occupants gagnent la chambre basse par le corridor de 1 m de large et 1.7 m de hauteur qui débouche dans la chambre basse à travers la niche, ils sont remplacés sur le plateau par du lest amené par des opérateurs, qui attendaient à l’extrémité Est du corridor à coté de lingots préalablement stockés en quantité suffisante.

Ainsi chargé, le plateau redescend, le flotteur qui le soutient coulant lentement, pour une nouvelle rotation.

Quand il est arrivé au pas de chargement, les  invités prennent place sur le plateau que les opérateurs délestent et une nouvelle ascension commence  jusqu’à ce que le cortège au complet prenne place dans l’antichambre du bas qu’il serait maintenant inopportun d’appeler chambre de la reine!

Une rallonge de la tige qui soutient le premier plateau d’environ 34 m de long avait été préalablement posée sur ce plateau, construite comme la tige, sous la forme d’une ossature en treillis aussi légère que possible, elle n’occupait pas une grande surface sur le plateau et se terminait à son sommet elle aussi par un plateau.

Le niveau 21 m de la chambre basse qui était jusqu’alors le niveau haut du premier plateau du flotteur, devient le niveau bas de chargement du deuxième plateau du flotteur dont la partie basse atteint maintenant le fond du puits au niveau -28 m. Pour atteindre le niveau + 55 m celui de la chambre du roi, le flotteur fera maintenant une course de 34 m, sa partie basse atteignant alors le niveau +6 m, le « pont » du flotteur atteignant lui de niveau 11 m qui est celui du seuil de chargement et du niveau d’eau dans le puits.

Des opérateurs et du lest qui attendaient en partie haute, font couler le flotteur pour amener le plateau au niveau du corridor de la chambre basse.

Un processus identique au précédent se déroule pour remplir une antichambre identique à la chambre basse située au niveau 55 m.

Quand tout le monde est rassemblé, l’inhumation du roi a lieu dans son sarcophage définitif déjà placé là au moment de la construction de la pyramide et qui doit avoir une autre allure que ce petit conteneur de chantier (maintenant écorné) qui se trouve aujourd’hui dans la chambre haute.
Son bunker royal d’éternité, ne doit pas être si différent en architecture de la chambre basse, mais probablement plus grand en longueur , peut être plusieurs chambres communiquant entre elles?

Il est certainement comme la chambre haute en granite et d’aussi belle facture, complètement étanche, éternité ne rime pas avec humidité.

Probablement que tous ces objets qui l’accompagnent sont entassés méthodiquement pour finir par remplir complètement la chambre et les magasins auxiliaires?

Après un dernier adieu tous les vivants font maintenant la queue pour descendre par l’ascenseur, ils jouent le rôle du lest maintenant, les opérateurs ayant posé une tare sur le flotteur pour que cinq ou six humains soient à même de le faire couler.

Le cortège est maintenant au complet dans la chambre basse, moins le roi mort, mais avec le nouveau roi. Le roi est mort, vive le roi!

Le cortège reprend l’ascenseur pour se rassembler dans la salle de chargement des blocs avant de rejoindre le temple du haut à l’extérieur de la pyramide.

……………………………………………………

Dès le caveau vidé des accompagnateurs, une poignée de spécialistes en a scellé hermétiquement son entrée par un monolithe qui probablement attendait déjà dans l’antichambre en compagnie de la statue représentant le roi qui maintenant surveille l’antichambre et veille sur lui pour l’éternité. Cet antichambre haute, contrairement à l’antichambre basse a du recevoir les peintures et/ou gravures rituelles et a part la statue du roi est probablement vide.

Se pose maintenant le problème du rebouchage des accès, puits et cages.

La pyramide est muette sur ce sujet, il y a 170 m de cages et 146 m de puits à combler en volume cela représentait pas loin de 2000 M³ à remplir de pierres à la verticale soit pas loin de 5 000 t de pierres..

A part un raisonnement logique rien ne permet de savoir comment ce rebouchage a été fait.

Pour boucher un immense trou comme celui-ci la logique voudrait que l’on procède par le haut en commençant à boucher le fond du premier puits qui est celui de la grotte souterraine en commençant par démonter et retirer tous les flotteurs.

C’est la partie facile car l’entrée de ce puits donne dans la galerie d’accès par laquelle on peut acheminer les pierres pour les faire tomber dans le puits et ainsi le boucher.

Ceci fait pour boucher tout le reste, il fallait passer par le débouché de la cinquième cage qui était très proche du sommet à 140 m de la base, un trou de 2 x 2 m environ.

Il fallait alors être capable de faire « monter » 5 000 t de pierres depuis la base jusqu’au sommet de la pyramide.

Pour ça il a fallu conserver au niveau de ce trou une plateforme de travail provisoire en bois, de quelques M² de surface posée sur les 4 faces de la pyramide, équipée d’un portique au dessus du trou pour pouvoir faire descendre à la verticale les pierres soutenues par une corde.

Mais avant de descendre ces pierres avaient à monter au niveau de la plateforme, une élévation de 140 m depuis la base.

 

Pour illustrer la méthode prenons l’exemple  d’une pierre de 1 t, mais peu importe son poids (dans certaines limites):

La pierre aura été posée sur un chariot équipé de patins de roulement qui lui permettent de progresser sans frottement sur la rampe que constitue un flan de la pyramide, 10 opérateurs lestés à 100 Kg auraient fait préalablement l’ascension de la pyramide par les échelles qui étaient déjà posées. Une corde est déroulée et attachée à la pierre, elle passe sur le portique et redescend le long de la même face sur quelques mètres les opérateurs s’en saisissent et font la descente sur la face de la pyramide en faisant monter la pierre par la force de leur poids.

Une fois en haut la pierre toujours attachée à sa corde pend au dessus du trou par lequel elle va ensuite descendre, son autre extrémité qui est maintenant au niveau de la base est attachée à la pierre suivante. En descendant à la verticale dans la cage la première pierre exerce la force d’un poids de 1 t, elle peut donc soulever une charge de 1 / sinus( 51°8) = 1.27 t glissant sur le flanc de la pyramide tout en freinant sa descente, cette charge pouvait être faite de la pierre suivante plus des opérateurs faisant l’appoint en remontant ainsi « gratuitement » mais pas jusqu’au sommet car la pierre qui descend ne va pas plus loin que le fond du cinquième puits, soit une course de 70 m environ.

Il aura donc fallu préalablement attacher une deuxième corde à la pierre suivante qui passant par le portique retombe sur la même face pour être reprise par des opérateurs depuis la plateforme, pour continuer à faire monter la pierre, comme la première jusqu’au sommet, les opérateurs posés sur la pierre pour faire contre poids passant eux aussi sur cette dernière corde.

En procédant suivant ce principe, aucune énergie n’est gaspillée, toute énergie potentielle acquise par les pierres de rebouchage est récupérée jusqu’à son point d’arrivée.

Une fois arrivée au fond du premier puits, la corde de la première pierre est retirée car elle est maintenant déchargée, la deuxième pierre est hissée sur la plate forme et prend la relève.

Et ainsi de suite jusqu’à ce que le puits du cinquième étage qui fait 38.5 m de profondeur soit comblé, le niveau est à 113 m, il fallait maintenant passer au puits de quatrième étage.

Mais là une difficulté se présentait, ce puits n’est pas dans l’alignement de la cage d’entrée, pour poursuivre son chemin la pierre devait parcourir à l’horizontale, toujours accrochée à sa corde, la galerie de liaison entre les deux étages avant de descendre au fond du quatrième puits niveau 41.5 m.

Il fallait donc installer deux renvois de corde, le premier  appuyé sur la paroi de la cage légèrement plus bas que le plafond du corridor de liaison (il ne reçoit qu’un force horizontale) le deuxième accroché à la même hauteur au centre du plafond de la cage de l’étage précédent.

Une corde attachée à la pierre et passant dans ce deuxième renvoi permettait à des opérateurs de faire s’engager la pierre dans le corridor de liaison qui était préalablement équipé d’un chemin de roulement.

La première corde étant déchargée, on pouvait alors la détacher, puis la faire passer dans le deuxième renvoi avant de la rattacher sur la pierre qui pouvait par la suite être poussée dans la cage du quatrième étage pour continuer sa descente au fond du quatrième puits.

Et ainsi de suite, pour le puits du troisième étage, puis du second et enfin la cage du premier étage au niveau 21 m, celui de la chambre basse, les constructeurs avaient tout le nécessaire pour combler le boyau de liaison de la niche, avant de commencer le comblement de cette cage, puis des cages suivantes jusqu’au sommet et terminer en posant la dernière pierre du parement.

Ceci fait restait à démonter et faire redescendre la plateforme provisoire et les échelles pour laisser la face de la pyramide complètement lisse et propre et la pyramide complètement scellée.

Il devenait maintenant impossible à quiconque de venir troubler le repos éternel du roi sans démonter la pyramide ou creuser une galerie à ses risques et périls (mais où?), bon courage!

On peut observer aujourd’hui une tentative infructueuse dans la plus petite des pyramides du plateau de Gizeh, aussi bien pour le démantèlement que pour la galerie.

Cette méthode nécessitait de résoudre le problème du frottement dans le renvoi de corde aussi bien sur le portique qu’entre les cages pour traverser les corridors de liaison.

Les constructeurs tenaient la solution avec la technologie du patin autonome qu’ils auraient pu faire légèrement évoluer en remplaçant les rouleaux à plots par des rouleaux circulaires ( qui auraient pu être à gorges) et en remplaçant le plateau intermédiaire par un cylindre circulaire sur lequel reposent les rouleaux, les cordes se déroulant sur l’extérieur des rouleaux qui roulent sans fin et sans frottement autour du cylindre intérieur.

Les patins autonomes quand à eux auraient pu être posés à l’envers en position fixe dans les corridors de liaison, pour que les pierres roulent dessus sans frottement en les traversant.

Cette méthode aurait très facilement pu être utilisée dans les pyramides précédentes pour, tout en bouchant puits et cages, réaliser les magnifiques voûtes en encorbellement dans les cages et puits existants en ayant accès par le haut pour y amener les pierres et par le bas pour les soutènements provisoires.

On notera une fois encore que pour fonctionner correctement cette méthode les constructeurs utilisaient avec intelligence et habileté la force de la pesanteur, en faisant travailler le poids des hommes et des pierres, en réduisant à peu les frottements et en « jouant » avec précision sur l’équilibre des masses.

 


 

Maintenant c’est  700 t  de pierres sur une surface de 8 M² et une hauteur de 34 m qu’il faudrait déplacer depuis la niche de la chambre basse (en les prenant sur la tête) si l’on voulait passer par là pour rejoindre le roi. Les 3 herses du passage de la chambre haute ne font pas le poids!

Le plus audacieux des voleurs passera son chemin et des archéologues aussi.

Il aura fallu enfin combler la galerie d’accès Est jusqu’à l’entrée et enfin sceller les dernières pierres du parement au niveau de la base.

La pyramide  cache tous ses secrets derrière ce magnifique parement d’un blanc aveuglant sous le soleil, parfaitement lisse et mystérieux.

L’intérieur de la pyramide ressemble maintenant à ce que Al Mâ’mun a du découvrir:

Des chambres et des couloirs tristes et vides pas très propres, quelle déception pour le premier à entrer!
Maintenant, cette chambre basse, vide, sale et triste, dans le noir complet est devenue réellement l’antichambre du roi dont la niche murée est la porte d’entrée de sa dernière demeure.

Mais il y a quand même un petit problème pour obtenir l’entrée, la « chevillette » pèse 700 t sur 34 m de hauteur!
Al Mamoun avait eu la bonne intuition en y creusant un passage, s’attendait-il à ce prix du ticket d’entrée? mais  il n’a pas compris que c’était là le passage et il ne fut pas le seul!

Ainsi, les volumes intérieurs « sensibles » les cylindres et cages qui permettraient même au plus timoré des architectes de comprendre que ce ne sont pas des rampes mais des ascenseurs hydrauliques qui ont monté les pierres, sont masqués.

Ainsi que la voie qui mène au saint des saints.

Il reste cependant dans un lieu anodin à 80 m de la pyramide ce « trial passage » oublié et méprisé de tous (aujourd’hui comblé), qui vend la mèche avec son puits vertical.

Ils avaient quand même rempli de pierre ce puits, mais c’était du travail bâclé, indigne de la pyramide, ce puits n’a pas échappé au regard averti de F.Petrie.

Mais qui s’en soucie ?

Seuls restaient ostensiblement accessibles les énigmatiques volumes techniques vides, sales et nus des chambres et galeries et même un sarcophage factice, qui ont si bien joué leur rôle de leurre jusqu’à ce jour.

Mais sans la connaissance des puits verticaux, ces volumes n’ont aucun sens au niveau hydraulique, alors pourquoi pas chambres mortuaires!!

Mesurés et re-mesurés, photographiés ad noseum, combien ont déduit de ces volumes utilitaires, le nombre PI, le nombre d’or, la vitesse de la lumière, la circonférence de la terre, la distance terre lune et l’âge du capitaine?
Ces constructeurs quel talent, quel génie ! non seulement pour comprendre, la pesanteur et la pierre, mais aussi les fondements de la nature humaine, dans un scénario de dissimulation mis en oeuvre de Djoser à Mykérinos qui n’a pas failli pendant des siècles et qui aujourd’hui tient encore parfaitement.

Aujourd’hui au moins sept rois reposent dans leurs sarcophages et leurs chambres mortuaires intactes, quel beau trésor archéologique si bien protégé par des armures de pierre et un verrouillage psychologique tout aussi solide.

Jusqu’à ce qu’un misérable petit retraité, votre serviteur, prenne modestement la peine de démonter presque pierre par pierre le mécanisme de cette machine extraordinaire, bâtie par des gens d’exception.

Sera-t-il seulement entendu?

Il serait simple et peu coûteux de dégager le corridor existant à l’est de la niche en retirant les 3 blocs qui reposent sur le sol, on pourrait ainsi s’y tenir debout avec 1.7 m de hauteur sous plafond, il serait relativement aisé d’extraire les deux blocs superposés qui ferment la communication avec la cage.
On se trouvera alors dans l’entrée de la cage, probablement très encombrée et là il y aura de quoi s’occuper un bon moment pour nettoyer et dégager le volume et découvrir les parois de la cage.
Par contre,  retirer les pierres, mieux vaudra renoncer, car au dessus il y a 700 t à prendre sur la tête!!
Par ici le bunker du roi est bien défendu pour l’atteindre il faudra chercher passage ailleurs!

 

 

Niche de la chambre basse

Compte tenu de ce qui suit, il ne m’est plus possible de continuer à nommer ce volume « chambre de la reine ».

Chambre-Reine

La niche a été crée en construisant la chambre, pour connecter celle-ci au boyau qui la prolonge vers l’Est.

Sa voûte en encorbellement, plutôt qu’en linteau, vient de sa largeur à la base 1.57 m qui dépasse la « norme » de 1.1 m maximum pour un linteau. Juste après la largeur du boyau n’est plus que de 1 m et c’est un linteau qui le couvre.

Contrairement à tous les autres corridors de cette pyramide, le boyau fait 1.7 m de hauteur , c’est donc que contrairement à tous les autres qui font de 1 à 1.2 m, il a eu une fonction de circulation pour des humains.

Ce boyau a été construit « ouvert » et utilisé tel que jusqu’à ce qu’il ait été bouché par les constructeurs eux-même une fois le roi inhumé.

Pendant toute la phase de construction sa fonction était purement hydraulique, il alimentait en eau le puits du deuxième étage situé dans la maçonnerie attenante au nord du boyau et à l’est de la chambre.

Une fois la construction terminée, il a été modifié pour faire communiquer la chambre basse avec la cage de l’élévateur de la grotte située toute proche à l’est dans la même maçonnerie.

Pourquoi?

Pour acheminer le roi dans sa dernière demeure il fallait  faire une étape intermédiaire, car le complexe mortuaire du roi, à 55 m de la base, ne pouvait être atteint dans la cage du premier étage en une seule course du flotteur, celle-ci étant limitée à 33 m à charge zéro.

A ce moment, la construction de la pyramide étant terminée, le puissant flotteur de l’étage de la grotte qui a élevé 2.6 millions de blocs été devenu inutile.

Il fut retiré du puits et remplacé par un flotteur submersible de deuxième génération beaucoup plus léger, car la mission du flotteur a changé et les masses à élever devenaient bien plus faibles.

  • En un premier temps le nouveau flotteur devra porter la dépouille mortelle du roi, son mobilier funéraire et la suite des accompagnants dans le complexe mortuaire en faisant étape dans la chambre basse.
  • Cette mission nécessitent un fonctionnement statique du flotteur.

Pour aller du niveau de la chambre basse au niveau du complexe mortuaire, il restait donc une course pour le flotteur de 55 – 21 (niveau de la chambre basse) = 34 m  ce qui ne colle pas avec la longueur du cylindre qui faisait initialement 33 m.

Cependant, pyramide terminée, il n’y avait plus de trafic de blocs passant dans la galerie d’accès qui faisait 8 m de haut, une telle hauteur devenait maintenant inutile et cette galerie avait de toutes façons vocation à être bouchée.

Les constructeurs l’ont comblée par le bas pour ne laisser qu’une hauteur sous plafond de l’ordre de 2 m, soit un gain de 6 m pour le point haut du puits.

Donc le déboucher du puits qui était à 5 m a pu être relevé à 11 m, la longueur du puits  passant alors à 39 m pour une course de 34 m, laissait pour le flotteur un tirant d’eau minimal 39 – 34 =  5 m ce qui autorise un flotteur pouvant peser jusqu’à 20 t en charge car sa section peut aller jusqu’à 4 M².

Que constate-t-on aujourd’hui?

Centré sur la niche à 86 cm du sol, on trouve un boyau de 1 m de large, 85 cm de haut, qui visiblement a été dégagé on ne sait par qui (les ouvriers d’Al Mâ’mun?), par l’enlèvement sur 5.5 m de longueur de pierres bien taillées qui y avaient été assemblées par les constructeurs pour finir de combler les vides intérieurs de la pyramide et celui là est particulièrement compromettant!

 

Photo1

Sur le schéma, la pierre grise en partie basse est ce qu’il reste de la maçonnerie de rebouchage non dégagée, vue en perspective vers le milieu du boyau à gauche on voit un autre bloc de 1 m de large qui donne sur la cage du premier étage.

Ce vestige NE LAISSE AUCUN DOUTE POSSIBLE, c’est bien un corridor de 5 m de long, 1 m de large, 1.7 m de haut protégé par un linteau, propre à faire circuler des hommes, des pierres et du matériel.

Il conduit OBLIGATOIREMENT vers un volume situé au nord derrière les blocs qui n’ont pas été retirés.

Ce volume aujourd’hui ne peut être que la cage du monte charge de l’étage de la grotte (pendant la construction ce boyau amenait l’eau de la chambre basse au puits du deuxième étage séparé de la cage du premier étage par une paroi).

On doit cette description très précise de l’environnement de la niche à Gilles Dormion dans son ouvrage « la chambre de Chéops ».

Ce schéma donne une vue plongeante coté Est de la chambre basse, linteau retiré, le volume moutarde du premier plan est sensé représenter une partie des pierres de remplissage.

On voit dans le prolongement de la niche la maçonnerie décrite par Dormion et en gris clair les pierres qui ne demandent qu’à être retirées pour donner accès à la cage du monte charge du premier étage.

Vue du nord, ce corridor tel qu’il était au moment de son utilité,  il aurait pu tourner court au niveau de l’accès nord, mais il se prolonge en laissant un volume apparemment inutile, mais on verra plus loin que ce volume a servi à stocker du lest sous la forme de lingots de cuivre.

Linteaux enlevés, la vue du dispositif complet, le volume intérieur de la cage est représenté en bleu, sa maçonnerie en bistre.

 

Pour moi, il est tout à fait inattendu que G.Dormion qui par ailleurs a fait des analyses for pertinentes de l’architecture de certaines pyramides, n’ait pas cherché à approfondir la fonction d’une maçonnerie se trouvant derrière une autre maçonnerie, celle de la chambre basse, elle ne peut pas être là pour rien!

Vue du dispositif complet, la galerie d’accès Est, donne sur la salle de chargement du monte charge en bleu, dont la cage monte jusqu’au niveau 60 car elle y a acheminé les mégalithes du toit de la chambre haute et elle donne accès au complexe funéraire du roi.

Kheops1&2

En rose au premier plan le cylindre du premier étage, en rose au deuxième plan, le circuit d’eau du deuxième étage, prolongé en bleu clair par sa cage d’ascenseur, le petit volume en vert est la chambre de passage entre la cage du premier étage et la cage du deuxième étage, le volume bleu-violet à droite est la galerie d’accès des pierres, terminée par la chambre de chargement avec son toit à double pente.


…La pyramide étant maintenant terminée…

Le lourd et puissant flotteur oscillateur, a été démonté et retiré pour être remplacé par un flotteur submersible deuxième génération.

Le puits vertical dans lequel il coulisse a été préalablement obturé en partie basse pour n’avoir à remplir ni le volume de la grotte ni le volume de la galerie descendante et du puits de service.

 78 M³ d’eau tiennent dans le cylindre dont le point haut arrive à la cote 11 m.

La mission qui l’attend est la suivante, élever le sarcophage du roi, son bagage funéraire et son cortège vers la chambre d’éternité.

 

Cette mission se prépare:

Le roi et son cortège et surtout les bagages pesaient un certain poids qui a été fixé par avance.

Pour faire fonctionner le flotteur il faut que le poids que le flotteur monte soit légèrement inférieur au poids qui fait descendre le flotteur.

Pour faire monter tout ce qui devait se trouver finalement dans le complexe mortuaire, il fallait y stocker AVANT l’inhumation pendant que les ascenseurs oscillants  fonctionnaient, le même poids sous forme de lingots de cuivre qui attendaient le jour J.

Mais où les stocker?

A la fois au niveau de la chambre basse devenue première antichambre et au niveau de l’antichambre haute, car il y avait un transport en deux étapes.

Chambre basse: dans la partie cul de sac du corridor qui fait une volume de 2.5 M³ = 1.75 x 1 x 1.5 m  pouvait contenir 22 t de lingots, le poids maximum du cortège funéraire du roi et de ses bagages pour l’éternité.

On peut penser que le même dispositif se retrouvera dans l’antichambre haute au niveau 55 m.

Pour fixer les idées, le flotteur pouvait élever 20 t de charge au maximum, mais ce qui se trouvait sur le plateau pouvait ne peser que 2 t par exemple: Il fallait depuis le pas de chargement, lester le flotteur à 18 t -100 kg et mettre sur le plateau 2 t de charge utile.

Le flotteur s’élève jusqu’au niveau de la chambre basse, la charge utile est évacuées et remplacée par 2 t de lest + 100 KG pris dans le corridor, qui font couler le flotteur.

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout le cortège funéraire ait atteint la chambre basse.

Ceci fait, pour atteindre depuis la chambre basse, l’antichambre haute au niveau du complexe funéraire, il fallait prolonger le flotteur d’une cale de 21 m, le niveau de chargement étant maintenant celui de la chambre basse, la même procédure permettait alors de faire passer tout le cortège dans l’antichambre haute.

Une fois l’inhumation terminée, l’opération inverse a pu faire passer les accompagnants du roi, d’abord de l’antichambre haute à la chambre basse, puis de là au niveau de la base. Dans cette opération c’est le cortège lui-même, moins le roi et son mobilier qui aurait servi de lest pour faire couler le flotteur.

On peut constater ainsi qu’à une époque le corridor de la niche de la chambre basse a connu un trafic intense, il a vu passer beaucoup de cuivre et de beau monde.