Assise 201 et au delà

Les démolisseurs d’Al Ma’mûn se sont découragés à l’assise 201, en fait 201-202-203 car il reste 3 niveaux présents au sommet de la pyramide.

Yukinori Kawae de l’Université de Nagoya a fait une communication sur une modélisation  3D de certains éléments de la pyramide de Chéops, dont le sommet dans son état actuel:

201assisegeometrie5
Nagoya University credit

les 104 pierres visibles des assises 201 à 203 ont été mesurées et modélisées.

Il ressort de ce travail une représentation précise des vestiges de ces 3 assises, ce qui m’a permis de repérer deux pierres particulières qui obturent une section rectangulaire de 1.07 × 2.5 m orientée Est-Ouest dont le coin Sud-Ouest est à 1 m de l’axe de la pyramide.201assisegeometrie7

201

201+cage

Ce trou dans l’assise pourrait bien être l’orifice de la dernière cage d’élévation des pierres, qui comme toutes les autres cages à été obturée.

Eclaté

 

sommet

Sa position permet de monter les dernières pierres jusqu’au sommet et s’il y avait un pyramidion de le poser, la section de la cage autorisant un pyramidion de deux coudées de hauteur pesant 2 t s’il avait été en pierre.

pyramidon

 

Il y avait bien sûr des échafaudages et une plate forme de travail présents à ce moment à cet endroit, mais les constructeurs n’ont laissé aucune documentation permettant de les représenter!

On peut observer toutefois qu’au niveau de l’assise 201 il se trouve une pierre qui pèse encore 4 tonnes, mais aussi quelques unes pesant autour de 3 t. Ce qui permet de valider le dimensionnement de tous les étages d’ascenseurs pour ce poids.

Le poids de ces blocs à cette hauteur permet de comprendre pourquoi les démolisseurs se sont découragés!

L’élévation d’un bloc de 4 t avec une cage de 2 M² seulement de section a été rendu possible avec les flotteurs submersible de deuxième génération, dans une procédure spéciale

 

 

Double chevrons de l’entrée

Il y a au dessus de l’entrée de la galerie descendante, un toit en double-chevrons superposés, ce que l’on ne voit pas c’est que ce toit se prolongeait vers le nord sur une longueur de 5 m environ, il y a la trace des culées sur lesquelles reposaient les chevrons et l’on peut encore voir les restes de 2 chevrons qui ont été cassés on en connait donc l’épaisseur.

Il est fortement probable que les chevrons manquants aient été cassés par les ouvriers d’Al Mamoun.

Ce toit signifie que pendant la construction de la pyramide l’espace au dessus du toit était recouvert des pierres de construction et le toit protégeait l’espace en dessous dans lequel devaient se dérouler des opérations humaines.

Cet espace était donc fermé coté nord pendant toute la construction de la pyramide avec seulement un couloir dont on ne saura jamais rien pour l’éclairer un peu et y accéder

De l’autre coté du mur restant  Scan pyramid a détecté la présence d’un vide, c’est donc qu’une voûte se prolonge vers le sud pour protéger ce volume dont on ne connait rien.

Mais la logique voudrait qu’il ait +/- la même largeur que les linteaux de l’entrée, car cette construction s’enchâsse en partie basse dans une tranchée dont les blocs de maçonnerie reçoivent la même inclinaison  avec la tangente ½ que la galerie descendante, cette maçonnerie particulière s’encastrant dans le libage horizontal d’une façon assez compliquée.

On note dans la partie visible 3 linteaux qui se suivent en se superposant un peu, ces linteaux se situent sous une voûte donc n’ont pas à supporter une charge au dessus, pourtant ils sont très (trop) gros, le premier linteau mesurant 2.8 m de hauteur pour 3.7 m de longueur et 1 m d’épaisseur, pesant plus de 21 t pièce.

3dalles

Pourquoi cette débauche de matière en ce lieu?

Tout simplement parce qu’il fallait contenir une pression hydraulique d’une hauteur de colonne d’eau de 6 m, car l’entrée est à la hauteur 15 m et le niveau d’eau dans le circuit pouvait dans certaines circonstances atteindre 21 m.

Pour tenir 6 m de colonne d’eau il ne fallait pas moins que 6 / 2.5 (densité de la pierre) = 2.4 m de pierre à la verticale, mais cette dalle étant inclinée d’un angle de 26° il fallait que sa hauteur ne soit pas inférieure à 2.4 / cos (26°) = 2.7 m et maintenir le niveau de pierre constant jusqu’au mur qui ferme le réservoir au sud.

Mais là encore on constate qu’au lieu de se maintenir le niveau remonte, inutilement?

C’est qu’il y a derrière le mur une hauteur d’eau qui pouvait dans certaines circonstances atteindre le faîte de la voûte.

Donc ces 3 dalles superposées devaient « aider »  le mur sud à contenir la pression d’eau venant du réservoir pesant sur la paroi nord du réservoir qui est le mur sud de l’entrée.

La partie à l’air libre de l’entrée fait 5 m de longueur, la partie arrière probablement 7 m en arrière du mur sud, donc la hauteur de colonne d’eau passait de 6 m au niveau de l’entrée pour atteindre 6 + ((5 + 7) / 2) = 12 m au sud dans la partie la plus profonde du réservoir, soit une hauteur de dalle de 5.4 m et un poids de 42 t pour contenir cette pression.

Le poids ne faisait pas peur aux constructeurs de la pyramide, c’est le moins qu’on puisse dire, mais ils avaient dans le réservoir une meilleure option pour éviter l’escalade, c’était de laisser l’eau entrer jusqu’au niveau supérieur de 21 m et donc équilibrer la pression entre le réservoir et la galerie descendante.

Ainsi le sol de ce réservoir arrière pourrait descendre avec la même pente que la galerie descendante constitué de linteaux de dimensions « raisonnables » et sa longueur dans le sens NS faire de l’ordre de 7 m

Il serait facile de tester l’existence de ce volume en perçant juste sous le faîte de la voûte dans un joint en mortier qui s’y trouve un petit trou de même pas un mètre de profondeur, car dans cette hypothèse l’épaisseur du linteau crénelé qui se tient sous la voûte ne devrait être inférieure au mètre.

Si au bout d’un mètre et même un peu avant ça débouche c’est qu’on est dans le réservoir (volume détecté par scan pyramid).

Sinon il faut revoir la configuration du volume arrière!

Si le trou débouche sur le vide, il faut passer un endoscope pour commencer à explorer le volume.

Mais s’il débouche il y a une meilleure option que de passer un endoscope**

Vue avec les chevrons manquants::

Entrée GPOM
Crédit Monnier

On remarque dans l’angle supérieur du toit un espace qui visiblement a été obturé par un linteau portant des encoches qui manifestent des traces d’usure appelé généralement le « linteau crénelé ».

linteau crénelé

Environ 3.15 m de long, 1.87 m de hauteur, épaisseur inconnue mais probablement de l’ordre de 1 m.

Sur une profondeur de 20 à 35 cm des créneaux ont été taillés dans ce linteau, dont la fonction est resté longtemps énigmatique.

Curieusement ce linteau ne rentre sous les chevrons de la voûte en partie sud que de 20 cm ce qui est inhabituel, il repose sur un bloc en calcaire fin de Turah dont on peu constater que la surface horizontale bien lisse est percée de 3 trous de 7 cm de diamètre.

J’en fais l’interprétation suivante = c’est une porte étanche coulissante!

** Les tenants de la théorie des rampes recherchent dans l’entrée un passage secret qui conduirait via une galerie secrète passant au dessus de la grande galerie au « Big Void » repéré par le projet scan pyramid.

Ils en ont un besoin absolu, car en l’absence de cette entrée suivie d’une galerie secrète, le seul accès au Big Void se trouverait à la verticale de la maçonnerie, encore inexplorée, qui se trouve autour du boyau derrière la niche de la chambre basse. Et par voie de conséquence logique il y aurait un puits vertical dans cette maçonnerie (même sans l’avoir vu) et un puits vertical au centre de la pyramide provoque le collapse total de toutes les théories à base de rampes!

Donc cette porte coulissante sera bien venue pour ces théories dont les tenants pourraient l’adopter immédiatement après avoir lu cet article, comme l’entrée secrète dont ils rêvent depuis toujours. Mais une entrée « secrète » dont le mécanisme d’ouverture s’étale aux yeux de tous, ça ne fait pas très sérieux de la part des constructeurs, bien qu’à ce jour des milliers de personnes soient passées devant sans la comprendre.

Voici comment, manœuvrer cette porte:

Avec une « pince monseigneur » en s’appuyant sur le linteau qui le précède, on peut pousser de 25 cm environ vers le sud cette pierre en la dégageant des chevrons, les trous auraient reçu des piges en cuivre ou en granite servant de point d’encrage à un point d’appui pour un levier qui s’engageant dans les « créneaux » auraient pu faire coulisser cette porte dans l’axe EO en libérant un passage suffisant, la porte ne faisant que 3.15 m de large et l’espace horizontal sous les poutres 3.7 m, il restait donc un triangle de passage de 55 cm de large et 1 m de hauteur, espace suffisant pour verser de l’eau dans le réservoir.

Mais il se pourrait pour des raisons d’encastrement dans la tranchée du mur sud de l’entrée (nord du réservoir), il se trouve un épaulement dans la tranchée qui accueille l’ensemble sur lequel s’appuie le mur qui libère un espace plus grand pour le déplacement de la « porte » en ajoutant de l’ordre de 0.5 m de débattement supplémentaire qui en aurait fait alors un passage « confortable »

Cette vue imaginaire depuis l’intérieur du volume présumé du réservoir permet de visualiser l’ouverture (les parois du volume ont été retirées ainsi que la demi voûte ouest

PHI-ARR Vue du sud


La galerie descendante fait 1.2 m de hauteur, étant inclinée à 26.6° la hauteur du passage pour un homme en position verticale fait 1.2/ cosinus( 26.6 ) soit 1.34 m, un enfant peu y tenir debout facilement.

G.Dormion dans son analyse de la galerie descendant a remarqué un linteau, le cinquième exactement en partant de l’entrée, dont les joints sont libres de tout mortier et qui ne fait que 75 cm de large et débouche dans la chambre au dessus. Ce linteau aurait bien pu jouer le rôle de bonde pour vider le réservoir dans la galerie descendante en maîtrisant la quantité d’eau qu’on y met afin d’obtenir le niveau désiré.

Ce « linteau bonde » aurait pu être manœuvrée facilement par un levier dans l’entrée, s’appuyant sur « la porte coulissante », ce levier aurait pu être lié à la bonde par une corde passée sous des piges engagées dans des trous proches de son sommet comme on peut en voir sur le reste de herse trouvé dans l’entrée.

Ainsi avec ce dispositif le niveau d’eau dans le circuit de cet ascenseur hydraulique pouvait varier de – 27 à + 15 m permettant de faire varier à discrétion la hauteur du flotteur dans le puits.

Le remplissage du réservoir aurait pu être fait avec une double chaîne  dans la galerie descendante l’une faisant monter les seaux pleins, l’autre descendre les seaux vides, les seaux étant vidés dans le réservoir par le passage sous le toit.

On a trouvé également à coté de l’entrée une pièce de granite cassée qui aurait bien pu jouer le rôle d’une vanne, mais tout le dispositif qui devait aller avec à été emporté.

Cette vanne aurait servi à obturer le haut de la galerie descendante au niveau 15 m quand le niveau d’eau dans le circuit atteignait 21 m.

Cette vanne aurait été d’une largeur très légèrement supérieure à la largeur de la galerie et « enfoncée » à force par rotation pour obtenir l’étanchéité, puis sécurisée par une cale s’appuyant sur la maçonnerie nord.

L’ouverture de cette vanne se devait d’être brusque pour créer un front de dépression dans le circuit d’eau, cela était facile à obtenir avec un coup de masse bien placé qui aurait fait céder le blocage par frottement, après avoir retiré la cale de sécurité.

On s’interroge sur la signification de la disparition des double-chevrons ayant couvert l’entrée, je propose le scénario suivant:

les démolisseurs sont entrés dans la pyramide par la sape Al Mamoun, ils ont découverts la galerie descendante après avoir parcouru le puits de service, en la remontant ils la trouvent obturée par une vanne en granite, ils ne savent pas ce qu’il y a derrière, un trésor tant cherché?

Le granite est très dur, ils n’ont pas l’outillage pour le percer, ils ne peuvent exercer une force suffisante pour le casser car le volume dans lequel ils se trouvent est trop étroit pour ça, stop, ici il n’y a plus rien de possible.

Ils ont repéré la position de ce lieu et décident de l’attaquer par l’extérieur, ça correspond aussi à leur objectif premier, ils sont venus ici d’abord pour prendre le calcaire fin du parement.

Ils dégagent le parement et quelques pierres du remplissage et découvrent les double chevrons qui forment un toit.

Une bonne aubaine se profile car un toit préfigure une chambre secrète donc pourquoi pas un trésor!

Le seul moyen d’y accéder fut alors de casser ce toit pour accéder à la chambre, ils commencent par faire un trou pour descendre dans la chambre, mais là mauvaise surprise, cette chambre comme les autres est vide!

Entamées par le haut, les chevrons sont maintenant instables, et constituent quand même un maigre butin et sont donc retirés puis emportés, la partie supérieure de la chambre ayant été retirée, ils ont cassé le mur nord restant pour retirer les pierres de parement qui s’y trouvent en détruisant à jamais cette partie de la pyramide qu’il est maintenant impossible de reconstituer.

Leur travail de destruction ne s’arrête pas là, ils cassent le dispositif qui obturait la galerie, maintenant ils ont de l’espace pour exercer de la force et cassent la vanne en granite pour la retirer et la mettre de coté afin que la galerie descendante soit dégagée.

Fin de l’épisode

Trial Passage

Trial-passage
Credit: F.Petrie

L’archéologue F.Petrie a trouvé non loin à l’est de la pyramide, proche d’une « fosse à barque » une curieuse structure creusée dans la roche du plateau, qu’il a appelé « trial passage », c’est en fait une maquette des galeries importantes dans la pyramide, qui a permis de tester et de régler tout le fonctionnement hydraulique de la pyramide, ce modeste vestige oublié de tous est une pièce fondamentale de la compréhension du fonctionnement hydraulique de la pyramide. Lire la suite

Herses et sarcophage factices

Sarcophage-coin

Bien que personne n’ait jamais signalé la moindre trace d’un débris de couvercle ce sarcophage présenté par le « consensus » comme ayant contenu la momie du roi, est un des objets au monde le plus photographié, mesuré, autopsié..et interprété!

  • Pour moi, lors de la construction de la pyramide ce bloc a eu la fonction de séparer le volume de la chambre haute du volume de la grande galerie.
  • Puis pyramide terminée il a été engagé de toute sa longueur dans l’entrée de la chambre haute (sans couvercle) pour la fermer en complément des herses placées dans l’antichambre.

Il fait avec les herses partie d’un scénario « diabolique » mis en place par les constructeurs pour leurrer les futurs « visiteurs », ce scénario fonctionne encore aujourd’hui à 100%. Lire la suite

Grande Galerie

47 m de long, 8 m de haut, 2 m de large 560 M³ , s’élevant sur 22 m de son point bas = le niveau du sol de la chambre basse, à son point haut = le niveau du sol de la chambre haute, la grande galerie est le plus grand volume présent à l’intérieur de la pyramide.

Comme TOUS les volumes actuellement connus, sa fonction a été de participer à la construction de la pyramide, elle n’est justifiée que par la procédure d’élévation des mégalithes du toit de la chambre haute (et du complexe mortuaire). Lire la suite

Percée Al Ma’mûn

 

L’histoire nous rapporte qu’au IX siècle de notre ère  que le sultan Al Ma’mûn s’est attaqué à la pyramide de Chéops pour en prendre des pierres afin de reconstruire la citadelle du Caire mise à terre par un violent séisme. La pyramide aurait elle aussi été endommagée par ce séisme ou été elle encore intacte? l’histoire n’en dit rien.

Nous ne sommes pas tout a fait sûrs que cette histoire ne soit pas une légende, mais la percée a bien été faite à une époque ou à une autre avec des moyens conséquents.

Restons avec le Sultan:

On peut imaginer que les hommes mobilisés par le sultan pour cette tâche étaient eux même des bâtisseurs compétents, disposant de moyens d’état et de temps, leur premier acte a forcément été de regarder attentivement l’objet qu’ils venaient démonter pour chercher le point faible par où commencer le travail de sape pour en extraire les blocs. Ces hommes n’en étaient certainement pas à leur première pyramide visitée et connaissaient certainement le principe général, une descenderie en face nord donnant sur une chambre, ils ont dû prendre le chantier de démolition par cette face.

Le démolisseurs ont certainement « attaqué » la pyramide par le bas, pour en déchausser le parement qui en était la cuirasse car plus haut il aurait fallu des échafaudages coûteux et voire dangereux à partir des quels ils n’était pas évident de déployer des forces importantes pour déchausser les blocs de parement solidement arrimés entre eux.

Ils ont probablement rapidement repéré cette pierre de parement possiblement plus petite que les autres et qui présentait un joint légèrement plus épais que les autres sur toute sa périphérie et donc l’ont enlevée pour observer ce qu’elle pouvait bien cacher.

Comment donner crédit à la « légende » qui peut faire croire que sur un périmètre de 200 m les démolisseurs de Al Ma’mûn auraient trouvé, à l’aveugle, par hasard? à 1 m près le bon endroit pour tomber sur la galerie ascendante!

En fin de compte, peu importe à quel moment ils auraient retiré ce bloc du parement, par contre en connaisseurs, une fois le parement enlevé, ils ont dû vite se rendre compte que derrière cette pierre il y avait un orifice qui avait été bouché, sa maçonnerie était forcément différente de la construction massive des assises au niveau de la cinquième.

Ils ont donc dégagé l’orifice et appelé « le patron »: ON A TROUVÉ L’ENTRÉE!

Maçonné dans les blocs de remplissage, le conduit étanche à l’eau aurait pu avoir avoir la même section que le puits de service 0.7 x 0.7 m. Il devait se terminer par une vanne probablement guillotine suivant le même principe  que celle résidant encore dans la chambre des herses.

Cette vanne a probablement été retirée au moment de refermer ce conduit en fin de construction de la pyramide, laissant une section d’accès plus grande que le conduit lui même.

il était donc aisé une fois l’entrée dégagée de s’introduire dans ce conduit et d’aller aussi loin que possible à l’intérieur, et là ils se sont heurté à un bloc de granite, le troisième du bouchon, qui leur barrait le passage.

Là pour aller plus loin il fallait « casser » ce bouchon ou le contourner, mais impossible de savoir en l’état si l’on avait à faire à un bloc unique ou à un mur?

La décision fut prise de le casser, on notera comme pour la chambre des herses que les auteurs n’avait pas l’outillage pour « tailler » le granite, seulement pour « casser ».

Pour casser il fallait déployer de la force, ce qui est impossible dans un boyau aussi étroit, il a donc fallu faire cette fameuse sape, jusqu’au bouchon de granite pour donner du volume permettant de le casser et avoir accès par là à ce qu’il y avait derrière, et là première mauvaise surprise, ils tombent sur une galerie ascendante étroite et vide, plus haut, la galerie horizontale étroite et vide, chambre basse nue et vide, ah une niche! que cache-elle? Le puits de service est visité il donne sur la grotte souterraine, « inachevée » nue et vide, nouvelle déception. Ils remontent sur 100 m la galerie descendante pour tomber sur un bouchon qui révèle l’entrée « officielle ». La grande galerie est remontée donnant sur le bouchon de la chambre des herses, ils se sont rapidement aperçu que l’on pouvait accéder au dessus des herses, pour entrer ici il va falloir encore casser du granite. Le conduit en haut de la grande galerie est visité lui aussi, il donne sur un boyau arrivant dans la chambre Davison, petite, vide et nue elle aussi. Déception générale, mais espoir quand même de trouver le trésor derrière la niche? ou derrière les herses?

En fait les démolisseurs d’Al Ma’mûn avaient le trajet de la percée tout tracé par les constructeurs de la pyramide eux même, avec ce conduit de vidage

Le fait qu’ils aient fait une sape aussi « spacieuse » est justifié par le besoin de pouvoir déployer de la force pour casser le bloc de granite, par la suite « ils » se sont contenté de passer par les conduits de 1 x 1 m de la pyramide.

Ce conduit, fil d’Ariane des démolisseurs, ne pouvait ne laisser passer que de l’eau et rien d’autre,  les hommes d’Al Ma’mûn en ont fait l’expérience.

Pourquoi ce conduit d’évacuation dans la pyramide ?

Il faut ici revenir au fonctionnement des ascenseurs et en particulier dans la procédure d‘ascension des mégalithes de la chambre haute.

Pour commencer la procédure d’ascension des mégalithes depuis l’ascenseur du premier étage, il fallait désactiver provisoirement le fonctionnement du deuxième étage et rétablir la communication entre la galerie descendante et la galerie ascendante, obturée par le bouchon de 3 blocs de granite.

Il fallait donc commencer par remplir jusqu’en haut la galerie descendante et faire « une chasse » de l’eau contenue dans la galerie ascendante et la chambre basse, pour créer une brutale dépression derrière les « blocs soupape » qui poussés par la colonne d’eau de la galerie descendante se sont soulevés de 10 cm exactement et sont resté en place car la pente à 26° est insuffisante pour les laisser redescendre.

A l’époque de cette manœuvre, la grande galerie n’était pas encore totalement fermée, et le volume d’air de la chambre basse communiquait avec celui de la grande galerie, il n’y avait donc pas d’effet de vide ralentissant la chasse d’eau.

Pour obtenir cette « chasse » il y avait donc OBLIGATION d’aménager au niveau du troisième bloc du bouchon, un conduit de vidage communiquant avec l’extérieur de la pyramide à un niveau légèrement plus bas pour l’écoulement complet de l’eau. Ce conduit qu’il ait été maçonné ou creusé dans les blocs du libage qui à cet endroit sont d’énormes poutres devait être étanche à l’eau.

Sa section aurait pu être la même que celle du puits de service creusé lui aussi, 0.7 x 0.7 m. Mais il était préférable que ce conduit ne puisse servir d’accès à l’intérieur de la pyramide, il a été conçu pour laisser un débouché dans la galerie ascendante juste nécessaire pour le passage de l’eau.

Ce conduit, démarrait dans la galerie ascendante au niveau du plus haut des trois blocs cote 7.5 m environ et sortir de la pyramide au niveau de la sixième assise à 6.1 m de la base.

On avait donc en miniature une « sortie basse » de la pyramide, aménagée pour recevoir une vanne permettant de vider ou de laisser se remplir le volume de la galerie ascendante.

La percée dite « Al Ma’mûn » existait depuis le début de la construction de la pyramide, c’était alors un étroit boyau terminé par une vanne.

Cette vanne certainement à guillotine comme celle de la chambre des herses, devait résister à la pression d’une colonne d’eau de 18 m de hauteur ce qui avec une section de 0.5 M² conduit à une force d’éjection de l’ordre de 100 KN. Pour tenir cet effort qui n’est pas très grand au vu des proportions générales de la pyramide, mais quand même conséquent, et en plus appliqué pendant des années, il fallait inclure les glissières de cette vanne dans un linteau assez lourd et assez long, pour qu’il puisse à son tour être chargé par les blocs de l’assise supérieure, et bloqué par celui qui le supporte sur l’assise inférieure, nous sommes ici au bord de la pyramide, la pression des pierres n’est pas ce qu’elle est au centre du monument.

Ce conduit a probablement été conservé pendant toute la construction de la pyramide, car il permettait de vidanger facilement l’eau des circuits supérieurs qui se passaient l’eau en cascade jusqu’à l’étage de la chambre basse. L’étage de la grotte ayant son propre système à partir de l’entrée de la galerie descendante.

A la fin de la construction quand les étages supérieurs étaient vides d’eau venait le moment de refermer ce passage avec un bloc de parement.

Pour ce faire, il fallait pouvoir introduire dans son logement prévu à l’avance le bloc qui même plus petit que les autres devait peser pas moins de 3 t. Il est à 6 m de la base de la pyramide, il a donc fallu au moment de la construction, l’ajuster par rapport à ses voisins, puis le laisser en attente des années sur un podium à coté, posé sur un échafaudage à cette hauteur. Le podium servant aussi de plateforme pour manœuvrer la vanne du conduit.

Le moment venu, pour reboucher le trou, il a fallu faire riper le bloc sur le podium pour l’introduire dans son logement, pour ce faire il fallait laisser du jeu entre le bloc et sa mortaise, jeu qui fut comblé par du mortier, mais en laissant forcément un joint plus épais que celui des blocs voisins dont l’épaisseur de mortier est infime. Donc plus tard, ce bloc pouvait être rapidement repéré par un œil avisé.

 

 

Galerie ascendante et ses blocs bouchons

blocs granite Kheops
Crédit Dormion

Les trois blocs de granite ont été présentés par le consensus comme devant condamner l’accès à la grande galerie après que le cortège funéraire ait emprunté sur quelques mètres la galerie descendante, puis acrobatiquement ait pris la galerie ascendante prolongée par la grande galerie en contournant les 3 blocs en attente, pour rejoindre la chambre mortuaires en passant par la chambre des herses.

Quand on a compris qu’il y avait entre la chambre basse et la grotte souterraine deux circuits d’eau, qui pouvaient être reliée ou rendus indépendants, la configuration énigmatique de la galerie ascendante et ses 3 blocs bouchons, devient totalement logique.

Les 3 blocs de granite, ne sont en fait (à l’échelle de la pyramide) rien d’autre qu’une soupape tarée, pouvant séparer ou faire communiquer les volumes d’eau de la galerie descendante et de la galeries ascendante, cette fonction hydraulique est leur seule justification. Il suffit de regarder la dernier bloc pour se convaincre qu’il fait un bouchon étanche au bas du couloir ascendant, la section de la galerie ascendant a été rétrécie à cet effet et le bloc est parfaitement ajusté.

Les 3 blocs de granite posés dès que l’assise de la pyramide était à leur niveau actuel, nous disent qu’il avait deux modes de fonctionnement entre l’étage de la grotte souterraine et celui de la chambre basse:

  • Un mode ou chaque étage dispose de son circuit d’eau, qui est la procédure normale d’élévation des pierres « ordinaires », les blocs bouchent la communication entre la galerie descendante et la galerie ascendante, séparant les circuits hydrauliques.
  • Circuit1&circuit2
    Les flotteurs et cages ne sont pas représentés pour ne pas encombrer le schéma
  • Un mode où les deux circuits d’eau n’en font qu’un qui est celui de la procédure d’ascension des mégalithes de la chambre haute et du complexe mortuaire. Les blocs ont été maintenus en position haute pour ouvrir la communication entre les deux galeries,
  • ciecuit1+circuit2
    Flotteurs et cages ne sont pas représentés
  • puis dernier mégalithe du toit posé, le bloc le plus bas referma pour toujours la communication entre les deux galeries.

Le fait que le bloc le plus bas soit séparé du deuxième bloc par un vide de 10 cm, et ce depuis 4 500 ans nous dit clairement que ces blocs tiennent en place « naturellement » sans bouger dans la pente de la galerie ascendante qui fait 26°5.

Les manœuvres d’ouverture et de fermeture de cette soupape furent purement hydrauliques, en ouvrant des purges d’eau. Lire la suite