Lecture hydraulique Pyramide de Mykérinos

Base 104 m, hauteur 65 m, tangente pente = 5/4 volume 0.237 MM³, rayon de la sphère de protection 25 m

Hauteur du complexe mortuaire 25 m

D’après la Chronologie du « consensus », la pyramide attribuée à Mykérinos est l’ultime des 7 « grandes pyramides », son volume ne représente que le dixième de la pyramide attribuée à Chéops, ou dit autrement elle représente le volume de la pyramide de Chéops de la cote + 80 m au sommet.

Cette partie de la pyramide de Chéops a pu être terminée en un délai de l’ordre de 2 ans, c’est donc sur cet ordre de grandeur de délai de construction qu’il faut examiner la pyramide de Mykérinos, dont les vestiges témoignent d’un certain degré d’urgence.

Pour le parement de la pyramide, à cette époque le centre de compétence de la taille du granite se situait à Assouan 900 KM plus au sud, le calepinage du parement se faisait donc à l’avance sur plan et non pas au vu du montage de la pyramide.

L’examen des restes de ce parement permet d’imaginer une certaine précipitation:

  1. Les blocs ne sont pas parallélépipédiques, ce qui signifie que l’on a débité les pierres au mieux de la configuration du banc de taille, sans chercher à faire des blocs réguliers, ce qui est le signe d’une recherche de rapidité et d’économie de coût.
  2. Le brusque changement dans la finition de la surface du parement, une surface plane, laissant place à une surface « brute de coupe » témoigne d’un ordre brusque arrivant en cours de travail, demandant d’accélérer la livraison des pierres au prix de la qualité de la finition.

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De même l’existante de deux descenderies, l’une provisoire près de centre et très courte, doublée de la descenderie définitive, témoigne que l’on a voulu gagner du temps dans le creusement des volumes souterrains.

Cette pyramide s’est construite dans l’urgence, il n’était pas question de prendre le risque d’innover, il fallait utiliser les solutions éprouvées.

Les constructeurs avaient bien conscience qu’en divisant par dix le volume de la pyramide, ils diminuaient grandement la barrière de pierres protégeant le complexe mortuaire, et pour compenser la réduction de la protection « physique », ils ont investit dans la protection « psychologique », ce qui explique la configuration de « la chambre funéraire » quasi déconnectée du circuit hydraulique et très soignée avec sarcophage en pierre sculpté et sarcophage en bois, plus une chambre à six niches sensées probablement contenir du mobilier funéraire.

Contrairement à toutes les autres pyramides, cet ensemble « funéraire » n’a aucune fonction hydraulique dans la pyramide.

La grande balafre au milieu de la face nord, que l’on attribue au sultan Malik al-Aziz au XII° siècle, témoigne néanmoins de l’efficacité de la barrière physique, car sa tentative a échoué, le sultan ayant abandonné au bout de 12 m de pénétration, il aurait fallu qu’il prolonge sa tranchée de 20 m pour arriver à ses fins, au risque de voir la pyramide s’écrouler dans la tranchée.

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Crédit Djedefre forum ddchampo.com

Néanmoins le fait que le sultan ait fait creuser dans la pyramide à l’horizontale à 20 m de hauteur, permet de supposer qu’il avait compris le principe du complexe funéraire au centre de la pyramide. Contrairement à lui, le Colonel H.Vyse au XIX° siècle, tirant profit de cette sape a quant à lui creusé dans la pyramide à la verticale, cherchant la chambre funéraire en bas comme tout archéologue qui se respecte!

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Cependant la partie horizontale de son tunnel arrive à 5 m du centre de la pyramide, sans le savoir, il a manqué le complexe mortuaire de très peu, un mètre ou deux tout au plus!

Il a ainsi « mâché le travail » pour tout archéologue décidé à trouver le roi dans sa pyramide.

Circuit Hydraulique:

La descenderie démarrant de le face nord de la pyramide à 4 m de hauteur, se prolonge en pente à 26° sur 32 m en donnant dans une première salle de 3.6 x 3.16 m, débouchant sur un corridor horizontal bouché par 3 herses de granite. Ce corridor débouche dans une grande salle de 14 x 3.85 x 4.85 m dont l’extrémité se trouve dans l’axe de la pyramide et débouche sur un volume de 4 x 4 m de section.

La grande salle faisant 54 M² aurait pu servir de réservoir d’eau, si l’on s’en tient à « la norme » de la grande pyramide, un flotteur du type oscillant ne devrait pas alors dépasser la section de 2 M², or le volume attenant qui ne peut être que le puits vertical contenant le flotteur élévateur faisant 16 M², il faut en déduire que nous avons à faire ici à la technologie du flotteur submersible deuxième génération.

Compte tenu des pyramides qui précèdent, on peut supposer que deux étages de 33 m aient pu y élever toutes les pierres,  on peut supposer un puits démarrant du niveau zéro de 35 m de profondeur, contenant un flotteur de 35 m de long de portée 33 m, coulissant dans une cage de 33 m de hauteur. Cette cage donnant accès au complexe funéraire à la cote + 25 m.

La section de la cage de 16 M² permet d’élever des pierres de poids pouvant aller de 8 t dans une procédure « normale » à 30 t et plus en s’y reprenant à plusieurs reprises avec utilisation de lest provisoire.

Cette pyramide ayant été « négligée » en terme de mesures, on ne connaît pas bien la dimension des pierres qui la constitue, cependant au vue des photos, elles semblent du même gabarit que celles du haut de la pyramide de Chéops, cependant le complexe mortuaire peut révéler bien des surprises.

Si l’on mesure précisément la position de ce puits dans la pyramide, on peut anticiper que l’antichambre d’entrée du complexe mortuaire se situe à 25 +/- 3 m de hauteur dans son prolongement.