Hisser les pierres le long d’une face de la pyramide

Les ascenseurs hydrauliques à flotteurs se sont montrés très performants pour hisser tous les blocs constituant les pyramides, cependant pyramide terminée, roi inhumé, il a fallu reboucher cages et puits qui constituaient les ascenseurs afin de rendre le roi inaccessible pour toujours.

Cette opération ne pouvait se faire que de haut en bas, il a donc fallu faire monter les pierres servant à ce rebouchage au sommet de la pyramide afin les mettre en oeuvre pour cette finalité.

La seule solution accessible était alors de les hisser le long d’une face de la pyramide, à l’aide de cordes et d’une « poulie »de renvoi accrochée à un portique provisoire posé au sommet de la pyramide à cet effet.

portique

Les dispositifs pour hisser les opérateurs, probablement de simples cordes de rappel, posées le long d’une face de la pyramide permettant aux opérateurs de grimper en marchant le long de la paroi de la pyramide en se tirant sur la corde..,  étaient déjà en place pour le fonctionnement des ascenseurs hydrauliques permettant une fois encore la mise en application du principe général de levage dans les pyramides : le poids des hommes qui descendent est égal au poids des pierres qui montent, mais il a fallu pour ça que les hommes commencent par monter avec leurs bras et leurs jambes jusqu’au sommet de la pyramide.

La méthode aurait pu être la suivante: Une double corde est attachée au chariot qui porte la pierre à hisser,

Chariotelle passe sur la poulie, des hommes s’accrochent au brin qui redescend, quand ils sont suffisamment nombreux, le dernier à s’accrocher fait monter la pierre. Quand le premier de cordée touche le sol la pierre s’arrête, il en faudra de nouveaux à s’accrocher à la corde depuis une certaine hauteur le long de la face de la pyramide pour que la pierre atteigne le seuil de la cage. Entre dix et quinze opérateurs (+/- lestés) font monter une pierre de une tonne.

Suivant le même principe général utilisé pour le déplacement des pierres, le chariot roule sur des rouleaux qui ici sont cylindriques et en bois dur au lieu d’être à plots de pierres. Dans cette application la charge est « faible » de l’ordre de 1 t ce que des rouleaux en bois peuvent encaisser. L’utilisation de rouleaux en bois évite d’avoir à poser un chemin de roulement le long de la face de la pyramide, les rouleaux s’appuient directement sur le parement qui est lisse et plan sans risque de le détériorer, ni de laisser des traces de passage.

Une fois la première pierre élevée, elle va redescendre à la verticale accrochée à ses cordes  le long d’une cage ou d’un puits, ces cordes feront monter autant d’opérateurs que le poids de la pierre qui descend le permet, on obtient ainsi une descente 100% contrôlée, ainsi que la récupération de l’énergie potentielle de chaque pierre  pour sa longueur de descente.

Il y aura donc une paire de cordes accrochées au bloc qui monte,  sur l’autre brin les opérateurs commencent par descendre pour faire monter la pierre, puis remontent pour freiner celle-ci dans sa descente.

Un troisième corde est accrochée au chariot lui même et passe dans la poulie, cette corde permettant la redescende contrôlée du chariot une fois le bloc enlevé, en faisant remonter un ou deux opérateurs.

Par cette méthode une pierre était hissée de la base au sommet 140 m plus haut en quelques secondes, par contre la descente dans les cages et puits était plus compliquée car les 5 étages de cages et puits n’étaient pas alignés, il fallait passer par des renvois de cordes pour aller jusqu’à la base.

Il y avait environ 1000 M³ de cages et de puits à combler, soit de l’ordre de 1000 blocs potentiellement. A ce jour nul ne sait si ces volumes ont été totalement comblés ou seulement partiellement en laissant des voûtes en encorbellement ( comme dans les pyramides précédentes) faisant office de barrages. L’exploration de la maçonnerie autour du boyau de la niche de la chambre basse serait une source d’information sur la solution retenue.

Le portique aurait pu être conçu de telle façon que la poulie puisse être déplacée afin de se trouver, non seulement centrée sur l’axe de la dernière cage, mais aussi ajustée pour la pose des derniers blocs du parement et finalement du pyramidon. Ces blocs étant élevés à la hauteur voulue toujours par la même méthode.

Pyramide terminée, il ne restait qu’à demonter et redescendre le portique et la poulie.